[Test] Hot Wheels Infinite Rush

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[Test] Hot Wheels Infinite Rush

Avec Hot Wheels Infinite Rush, Milestone ne se contente pas de poursuivre la formule installée par Hot Wheels Unleashed et sa suite. Le studio italien prend le risque de modifier profondément sa manière d’exploiter les petites voitures de Mattel. Les circuits fermés construits au milieu d’environnements gigantesques laissent leur place à un monde ouvert composé de plusieurs îles librement explorables. Une transformation importante qui donne immédiatement à cet épisode une identité différente, mais lui fait aussi perdre une partie de ce qui rendait ses prédécesseurs si particuliers. Infinite Rush reste un jeu de course arcade généreux, accessible et souvent amusant, mais son ambition nouvelle s’accompagne de concessions difficiles à ignorer.

Le changement le plus évident concerne donc la structure du jeu. Infinite Rush nous lâche dans un vaste terrain de jeu constitué de quatre îles principales : Wheelswood, Tentacle Bay, Gearville et Drifty Temples. Chacune possède sa propre ambiance, entre environnement urbain, paysages naturels, zones industrielles et routes sinueuses aux inspirations asiatiques. Il est possible d’y circuler librement, de quitter la route, de foncer à travers certains éléments du décor et de rejoindre les différentes activités disséminées sur la carte. L’idée correspond finalement assez bien à l’esprit Hot Wheels : plutôt que de respecter un environnement automobile réaliste, on se retrouve dans une immense aire de jeu où l’objectif principal consiste à accélérer, sauter, drifter et détruire tout ce qui accepte de voler en morceaux.

Cette liberté procure une excellente première impression. Il est particulièrement agréable de partir vers une épreuve avant de se laisser distraire par un défi aperçu sur le chemin, un objet à récupérer ou un adversaire à poursuivre. Les Daredevils qui se promènent dans les environnements participent beaucoup à cette dynamique. Il faut parvenir à les rattraper puis les vaincre pour récupérer leurs véhicules, transformant régulièrement une simple balade en petite chasse improvisée. La carte contient également de nombreux objets à collectionner et différents défis qui poussent à explorer chaque recoin. Infinite Rush comprend parfaitement le plaisir presque enfantin qui consiste à remplir progressivement son garage de nouvelles Hot Wheels.

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Cette nouvelle échelle fait pourtant perdre une partie de la démesure qui caractérisait Hot Wheels Unleashed. Les précédents jeux plaçaient de minuscules voitures dans des environnements humains gigantesques. Une table, une chaise ou un canapé devenaient alors des éléments monumentaux et les pistes orange pouvaient s’enrouler autour du décor de manière complètement extravagante. Infinite Rush construit davantage son univers directement à l’échelle des Hot Wheels. Le résultat reste cohérent et visuellement séduisant, mais cette sensation d’être un minuscule jouet lancé à toute vitesse dans un monde beaucoup trop grand s’atténue considérablement.

Cette évolution influence directement la conception des courses. Les traditionnelles pistes orange sont toujours présentes, avec leurs sauts, accélérateurs et quelques loopings, mais une proportion importante des épreuves utilise désormais les routes des différentes îles. Ces portions sont souvent plus conventionnelles et parfois beaucoup trop sages pour une licence permettant théoriquement toutes les folies. Les longues lignes droites et les grandes courbes fonctionnent avec la philosophie arcade du titre, sans toujours offrir le spectacle attendu. Infinite Rush donne régulièrement l’impression d’avoir construit un terrain capable d’accueillir les idées les plus absurdes avant de rester étonnamment raisonnable dans sa manière de l’exploiter.

La conduite, elle, reste immédiatement plaisante. Infinite Rush assume pleinement son statut de jeu de course arcade. Il n’est évidemment jamais question de régler précisément son véhicule ou d’apprendre les subtilités d’une simulation automobile. On accélère, on déclenche la nitro, on glisse dans les virages et on tente de réceptionner correctement les énormes sauts rencontrés en chemin. Les commandes répondent rapidement et quelques minutes suffisent pour comprendre les principales mécaniques.

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Cette accessibilité possède toutefois une contrepartie : le manque de difficulté. Pendant une bonne partie de la progression, les courses offrent relativement peu de résistance à quiconque possède déjà une certaine expérience des jeux de course arcade. Les erreurs sont généralement bien pardonnées et décrocher de bons résultats ne demande pas systématiquement de maîtriser parfaitement un circuit. La difficulté finit par progresser et plusieurs réglages permettent d’adapter l’expérience, mais Infinite Rush privilégie clairement le plaisir immédiat à l’exigence. Une orientation parfaitement adaptée pour jouer tranquillement ou découvrir le genre, beaucoup moins lorsqu’on recherche une compétition capable de maintenir constamment la pression.

Milestone apporte en revanche une idée intéressante avec les différentes catégories de véhicules. Les plus de 150 voitures disponibles sont réparties entre quatre classes : Versatiles, Drifters, Speeders et Titans. Leur différence ne se limite pas à quelques statistiques puisque chaque catégorie possède son propre comportement et surtout sa propre logique pour récupérer du boost. Les Drifters sont naturellement encouragés à enchaîner les glissades, tandis que les Speeders profitent davantage de la vitesse et que les imposants Titans peuvent exploiter leur masse et les contacts. Cette mécanique pousse réellement à modifier sa manière de conduire et donne une utilité aux différentes familles de véhicules.

En exploration, le système de Rush Squad permet de préparer plusieurs voitures et de passer rapidement de l’une à l’autre. C’est une excellente manière d’éviter les retours permanents dans les menus et de rendre les déplacements plus dynamiques. On peut utiliser un véhicule rapide pour traverser une longue portion de route puis sélectionner une voiture plus adaptée lorsqu’un défi particulier se présente. L’équilibrage n’est cependant pas irréprochable. Certaines voitures se montrent suffisamment efficaces pour accomplir une grande variété d’activités, ce qui réduit progressivement l’envie d’expérimenter. Le garage devient alors davantage une collection à compléter qu’un véritable arsenal dans lequel chaque acquisition bouleverse notre façon de progresser.

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La quantité d’activités proposées est conséquente. Aux courses classiques viennent s’ajouter des contre-la-montre, des épreuves d’élimination, des défis de drift, des objectifs de destruction, des passages de checkpoints ou encore différentes missions réparties dans le monde. Les éléments à collectionner et les voitures à débloquer complètent un ensemble particulièrement généreux. Il est difficile de reprocher à Infinite Rush de manquer de contenu.

C’est plutôt son renouvellement qui pose problème. Après plusieurs heures, certains objectifs deviennent très familiers et l’envie de nettoyer méthodiquement chaque icône de la carte diminue. L’absence d’un véritable scénario accentue cette impression. Chaque île dispose bien de pilotes à affronter et d’un Rush Master à vaincre, mais cette structure sert essentiellement de prétexte à la progression. Cela convient au caractère immédiat du jeu, même si un fil conducteur plus développé aurait pu donner davantage de personnalité aux différentes régions et créer une motivation supplémentaire pour poursuivre l’aventure. En l’état, tout repose avant tout sur l’envie de conduire, de débloquer de nouvelles voitures et de compléter les activités disponibles.

La physique produit elle aussi des résultats contrastés. Sur les pistes et dans les situations maîtrisées, elle accompagne correctement cette conduite légère et volontairement exagérée. Dans le monde ouvert, les collisions deviennent beaucoup plus imprévisibles. Un contact avec un élément du décor peut simplement le pulvériser et permettre de poursuivre sa route, tandis qu’un autre obstacle peut brutalement arrêter la voiture ou l’envoyer dans une direction inattendue. Ces réactions sont occasionnellement amusantes dans un jeu où le chaos fait partie du spectacle, mais deviennent frustrantes lorsqu’elles interrompent une course ou un déplacement sans véritable raison.

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Visuellement, Infinite Rush reste particulièrement fidèle à l’identité de la marque. Les voitures constituent évidemment les véritables vedettes. Peintures métallisées, plastique, carrosseries extravagantes et jantes bénéficient d’un soin évident. L’ensemble du monde adopte une esthétique de jouet très colorée qui fonctionne parfaitement avec la licence et les quatre îles possèdent suffisamment de différences pour éviter l’impression de parcourir continuellement le même environnement.

Le passage au monde ouvert implique malgré tout quelques concessions sur la finesse générale, et certaines textures ou certains éléments du décor paraissent moins impressionnants que les véhicules eux-mêmes. Sur les machines les plus puissantes, la fluidité accompagne efficacement les accélérations, tandis que la version Switch 2 vise une présentation plus modeste en 1080p et 30 images par seconde.

Les temps de chargement se révèlent plus gênants parce qu’ils entrent directement en contradiction avec le rythme recherché. Infinite Rush voudrait être une expérience permanente, rapide et spontanée, mais lancer certaines épreuves ou changer d’île impose des interruptions régulières. Le problème est particulièrement visible sur Switch 2, où ces attentes peuvent devenir suffisamment longues pour casser l’enchaînement des activités. Cette succession de pauses réduit forcément la sensation de continuité que devrait procurer un monde ouvert.

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La partie sonore manque également d’un peu de caractère. Les moteurs et les effets accompagnant les boosts remplissent correctement leur fonction, mais la bande originale peine davantage à donner une identité forte à l’aventure. Dans un jeu construit autour de la vitesse, du spectacle et de couleurs particulièrement vives, on aurait aimé une sélection musicale capable de soutenir constamment cette énergie. La musique finit trop souvent par passer au second plan alors qu’elle aurait pu devenir l’un des moteurs de l’expérience.

Infinite Rush dispose heureusement d’un argument susceptible de considérablement prolonger sa durée de vie : son Track Builder. L’éditeur permet de construire ses propres circuits directement dans les différents environnements, d’utiliser les célèbres morceaux de piste orange, de jouer avec le relief et les bâtiments et de créer des tracés qui peuvent ensuite être partagés. C’est probablement ici que la licence retrouve le mieux sa créativité. Construire un parcours absurde, l’essayer, corriger un virage ou ajouter une nouvelle portion renoue directement avec le principe même des jouets Hot Wheels. Le potentiel dépendra forcément de l’investissement de la communauté, mais les outils offrent une excellente raison de revenir après avoir terminé l’essentiel de la progression.

Le multijoueur complète efficacement l’ensemble. Infinite Rush propose du jeu en ligne ainsi qu’un écran partagé pouvant accueillir jusqu’à quatre joueurs. Cette dernière possibilité correspond particulièrement bien à l’esprit accessible et chaotique du titre : les courses prennent naturellement une autre dimension lorsque plusieurs personnes jouent dans la même pièce. Le cross-play facilite également les parties entre différentes plateformes compatibles, même si la Switch 2 possède certaines restrictions concernant le partage de contenu et l’écosystème en ligne.

[Test] Hot Wheels Infinite Rush

Hot Wheels Infinite Rush est donc un épisode à la fois ambitieux et paradoxal. En abandonnant la structure essentiellement fermée des Unleashed au profit de quatre îles ouvertes, Milestone gagne une liberté particulièrement agréable pendant les premières heures. Se promener sans objectif précis, changer de voiture à la volée, poursuivre un Daredevil aperçu au loin ou tomber par hasard sur une nouvelle activité fonctionne très bien. Le jeu comprend parfaitement le plaisir de collectionner les Hot Wheels et propose suffisamment de véhicules, de défis et d’outils créatifs pour occuper longtemps ceux qui souhaitent absolument tout découvrir.

Cette liberté possède néanmoins un prix. Les courses perdent parfois la folie des anciens tracés, les activités finissent par se répéter, la difficulté manque régulièrement de mordant et les collisions peuvent se montrer capricieuses. Surtout, en rapprochant Hot Wheels de la formule classique du jeu de course en monde ouvert, Milestone dilue légèrement ce qui rendait ses précédentes adaptations immédiatement reconnaissables.

Cela n’empêche pas Hot Wheels Infinite Rush d’être un jeu de course arcade agréable, généreux et particulièrement facile à prendre en main. Sa conduite fonctionne, son immense collection de véhicules donne constamment envie d’agrandir le garage et le Track Builder constitue probablement sa meilleure arme sur le long terme. Il lui manque davantage d’audace dans la conception de ses courses et un monde ouvert plus dense et mieux rythmé pour réellement transformer l’essai. Infinite Rush réussit son passage à une formule plus libre sans parvenir à en exploiter toutes les possibilités : un bon terrain de jeu Hot Wheels, assurément, mais pas encore le monde ouvert spectaculaire et complètement déraisonnable auquel la licence semblait naturellement destinée.

 



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