[Test] Thief VR : Legacy of Shadow

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[Test] Thief VR : Legacy of Shadow

Quand j’ai appris que la saga Thief renaissait, non pas sous la forme d’un jeu traditionnel, mais d’un titre en réalité virtuelle, j’ai d’abord ressenti un mélange d’intérêt et de scepticisme. Depuis sa création en 1998, la série a façonné ce que peut être un jeu d’infiltration, en privilégiant discrétion, atmosphère sombre et liberté d’approche. Mais l’arrivée sur VR me laissait perplexe compte tenu du nombre de déception qu’on y trouve…

Et voilà que, plus de vingt–cinq ans après, c’est un nouveau chapitre intitulé Thief VR: Legacy of Shadow qui sort sur PS5 avec PSVR2. L’occasion me semblait donc idéale de plonger dans l’ombre de la Ville, pour vérifier si l’esprit originel de Thief pouvait survivre à l’immersion de la VR.

[Test] Thief VR : Legacy of Shadow

Le pitch est simple mais chargé d’enjeux : dans un monde sombre dominé par la peur et la tyrannie, vous incarnez Magpie, une voleuse orpheline façonnée par les rues après le traumatisme causé par le baron tyrannique. Votre mission commence par des cambriolages, crochetage, infiltration, escalade des toits… mais la découverte d’un artefact ancien vous entraîne dans une conspiration plus vaste, un secret enfoui dans l’ombre de la ville.

C’est la première fois qu’un jeu Thief se décline en VR, et à ce titre le pari est audacieux. L’idée de mêler les fondamentaux d’infiltration, discrétion, observation, ruse, à l’immersion physique (se pencher, regarder autour de soi, crocheter avec ses mains, tendre l’arc) aurait dû, sur le papier, donner naissance à une expérience aussi visuelle qu’intime. Mais la réalité est plus nuancée.

[Test] Thief VR : Legacy of Shadow

Les fondations sont là : on retrouve l’approche furtive classique, la possibilité de crocheter serrures, d’ouvrir des coffres dissimulés, de neutraliser des sentinelles par l’ombre ou la distraction, d’utiliser des flèches, des outils, de s’infiltrer par des fenêtres, de se glisser sur les toits… L’atmosphère et la mécanique de “faire avec l’obscurité”, de choisir l’approche, sont bien présentes. Pourtant, certains choix techniques et de game-design montrent leurs limites. La première est un problème d’intelligence artificielle des gardes, simpliste, voire “bête”, ce qui affaiblit considérablement la tension. Dans de tels cas, neutraliser ou contourner les ennemis ne demande guère de stratégie, un simple coup suffit trop souvent, ce qui appauvrit la dimension d’infiltration et fait tomber l’expérience dans une certaine facilité.

De plus, l’évolution des mécaniques est très limitée : crochetage, vols, neutralisations, interactions restent assez similaires du début à la fin, sans réelle montée en complexité. Ce manque de profondeur, dans un jeu conçu pour l’ombre, finit par rendre les missions répétitives, ce qui tranche avec la polyvalence attendue d’un “immersive sim”.

[Test] Thief VR : Legacy of Shadow

Visuellement, le pari VR apporte des atouts : sur PSVR2, l’OLED permet des contrastes marqués, très utiles dans les zones sombres, renforçant la sensation de furtivité et d’immersion. Pour peu qu’on tolère quelques défauts, cela peut rendre l’exploration agréable, et l’atmosphère, lourde, mystérieuse et assez réussie. Mais il y a tout de même quelques problèmes de suivi du casque (tracking) ou des bugs relatifs à l’inventaire, ce qui nuit à l’immersion et au plaisir de jeu. J’ai eu l’impression d'être revenue à l'époque de la Wii…

Quant à l’ambiance sonore, elle se veut fidèle à l’ADN de la série : bruissements discrets, planchers grinçants, gouttes d’eau, respiration haletante… La VR intensifie ces sensations, rendant l’expérience plus sensorielle. Le simple fait d’orienter la tête ou de tendre l’oreille devient un réflexe, comme dans un vrai cambriolage fictif. C’est vraiment une réussite.

[Test] Thief VR : Legacy of Shadow

Concernant la durée de vie, les développeurs évoquent un scénario principal relativement court si l’on va droit au but, mais avec possibilité d’ajouter du temps via l’exploration et les chemins alternatifs. Selon les organisateur on serait sur du 8-10 heures alors que selon la police on serait sur du 4-6 heures. Perso, j’y ai passé 6-8 heures ce qui semble être la norme quand je regarde autour de moi.

Au final, je suis partagée.

Je salue l’intention : redonner vie à Thief pour la VR, avec des interactions directes, une immersion plausible, un décor sombre et inquiétant, des toits, des ruelles, des serrures à crocheter. Pour un joueur désireux de retrouver une certaine atmosphère d’infiltration et prêt à accepter les compromis Thief VR: Legacy of Shadow peut offrir des moments réussis, avec cette sensibilité “voleur dans la pénombre” qu’on attend. Peut être moins “difficile” qu’un Hitman VR (gerboïde et trop velu)…

[Test] Thief VR : Legacy of Shadow

Mais le manque de profondeur, l’IA limitée, la répétitivité des mécaniques, et une impression parfois de jeu “à petit budget” ou peut être un peu trop  “empressé” m’empêchent d’y croire pleinement. En l’état, le jeu n’atteint pas l’excellence à laquelle la série Thief pouvait aspirer, ni la complexité tactique ou narrative d’un véritable immersive-sim de nouvelle génération.

Si vous êtes amateur de furtif, de VR, et que vous jouez pour ressentir l’immersion plus que pour la finesse du gameplay, ce jeu vaut le coup d’œil. Mais si vous espérez une profondeur, une évolution ou des mécaniques robustes, il faudra peut-être attendre une mise à jour ou un futur titre plus ambitieux. Orientez vous plus sur un Hitman…

Article rédigé par Mlle_Krikri

 



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