[Test] Anima Gate of Memories I & II Remaster
Quand on s’intéresse à Anima, il faut d’abord revenir sur son origine. L’univers provient du jeu de rôle papier Anima Beyond Fantasy, décliné en jeux vidéo via le premier titre Anima: Gate of Memories, puis sa suite Anima: The Nameless Chronicles. Après des années dans l’ombre notamment en raison de difficultés éditoriales (le précédent éditeur ayant fait faillite), le studio indépendant Anima Project décide de reprendre les droits et de proposer une version remasterisée, modernisée et réunie des deux jeux : c’est ce qui donne naissance à Gate of Memories I&II Remaster. Cette version unifiée vise à offrir tant aux fans de la saga qu’à de nouveaux joueurs une expérience plus fluide, plus cohérente, avec une refonte graphique, des ajustements de gameplay, et le confort des consoles modernes.
L’histoire qu’on y découvre oppose deux destins : d’un côté, une jeune femme mystérieuse, le “Porteur de Calamités”, sans souvenir de son passé et de l’autre, une âme immortelle condamnée à errer. Leurs trajectoires, initialement distinctes, convergent vers un même conflit caché, une guerre de l’ombre dont ils ne sont que des pions, du moins au début. Les deux récits se croisent, s’influencent, et permettent d’explorer l’univers de la “Tour d’Arcane” sous un double regard. L’univers s’inspire fortement de l’imaginaire sombre et fantastique du jeu de rôle, avec un “monde de souvenirs”, des personnages hantés par leur passé, et des choix moraux qui comptent.
Ce procédé narratif, basé sur des perspectives multiples, donne une dimension immersive et offre une profondeur intéressante à l’ensemble. Pour qui est sensible aux récits d’ombres, de mémoire, d’identité et de destin, ces thèmes fonctionnent bien. J’ai apprécié l’ambition : l’histoire a suffisamment d’aspérités et de zones d’ombre pour susciter la curiosité et pousser à la réflexion.
Sur le marché actuel, ce remaster se situe dans une niche, un action-RPG indépendant, d’inspiration JRPG / soulslike-lite / metroidvania, mais sans l’envergure d’un triple A. Les titres “gros budget” rivalisant sur les paysages vastes, les graphismes ultra-fins ou les mécaniques de combat ultra complexes, Gate of Memories ne cherche pas à les imiter. Il s’adresse à un public amateur d’univers sombres, narrations à embranchements, jeux d’action un peu exigeants mais accessibles, et d’un certain charme « à l’ancienne » remis au goût du jour. On pourrait penser à des titres comme Darksiders (dans ses aspects action-aventure) ou certains ARPG narratifs plus intimistes. À défaut d’être techniquement ambitieux, ce Remaster trouve sa place en tant qu’alternative convaincante, pour peu quel’on accepte ses limites.
Côté gameplay et level design, le jeu alterne des phases d’exploration dans un monde interconnecté, la fameuse “Tour d’Arcane” et des combats en temps réel qui mêlent action frénétique et éléments RPG. Le système baptisé “Dual System” permet de switcher instantanément entre personnages pour enchaîner des combos, ce qui introduit une dynamique intéressante et parfois spectaculaire. Quelques mécaniques classiques de RPG sont là : développement des compétences, gestion des ressources, choix narratifs influençant le déroulé.
Ce que j’ai aimé : la sensation que chaque affrontement peut être tactique, le fait de pouvoir adapter son style plutôt agressif, ou plus réfléchi selon le personnage et les compétences. Le côté “un monde façonné par les souvenirs” donne du cachet au level design : les environnements sont variés, souvent étranges, ce qui participe de l’atmosphère.
Ce que j’ai moins aimé : le système reste parfois rigide certaines transitions d’actions manquent de fluidité, la “barre de Ki” (ressource limitante) peut parfois frustrer, empêchant des enchaînements libres et fluides. Pour des joueurs habitués à des combats ultra véloces ou très permissifs, cette limite peut sembler datée.
Côté graphismes et performances, sur PS5, le bilan est plutôt bon. L’éclairage, les ombres, les textures retravaillées apportent une vraie remise à niveau sans pour autant transformer le jeu en révolution graphique, mais en le rendant plus confortable et cohérent visuellement. Le framerate est solide, y compris lors des combats chargés d’effets ou des confrontations avec boss, ce qui donne une sensation de maîtrise technique rassurante.
Je note néanmoins des limites : certains environnements restent “pauvres” avec peu de densité, des décors parfois simples ce qui rappelle que le jeu ne rivalise pas avec les mastodontes triple-A. Mais pour un jeu d’action-RPG indépendant, le résultat me semble honnête, équilibré.
L’ambiance générale musicale et sonore a su préserver ce mélange de mélancolie et de mystère qui caractérise l’univers original. La bande-son, dominée par des cordes sombres et des mélodies inquiétantes ou nostalgiques, participe efficacement à l’immersion.
En termes de durée de vie, d’équilibrage, et de rejouabilité : le jeu offre un contenu intéressant grâce à ses deux campagnes entrecroisées. Cela invite, si l’on a l’âme curieuse, à rejouer pour explorer l’autre point de vue, tester des choix différents, chercher des branches narratives alternatives. La difficulté est modérée : accessible pour qui n’attend pas un challenge “soulslike hardcore”, mais suffisamment présente pour donner du poids aux combats. Pour un joueur avec un rythme tranquille, je pense qu’on peut compter une bonne vingtaine d’heures avec dix de plus si l'on explore tout et le double de tout cela si l’on recommence la seconde histoire. En revanche, un léger reproche : la structure n’est pas pensée pour un “new game +” ou un “endgame” profond : la rejouabilité repose surtout sur l’intérêt narratif.
Si vous cherchez un action-RPG triple-A, ultra léché, vaste et riche en mécaniques modernes, ce remaster ne vous comblera pas. En revanche, si vous êtes sensible aux univers narratifs sombres, aux ambiances mystérieuses, aux récits à embranchements, et que l’idée d’un jeu indépendant retravaillé pour la PS5 vous séduit : Anima Gate of Memories I&II Remaster est une belle opportunité.
En conclusion, ce remaster incarne ce que peuvent offrir les studios indépendants ambitieux aujourd’hui : un univers travaillé, une narration immersive, un gameplay modeste mais honnête, le tout remis en valeur pour des machines modernes. On n’est pas face à un chef-d’œuvre, mais à un titre qui mérite que l’on s’y arrête, pour sa singularité, son audace, et l’émotion qu’il dégage.
Article rédigé par Mlle_Krikri
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