[Test] The Last Case of John Morley
J’ai abordé ce jeu avec un certain espoir : amateur de polars, de mystères et d’atmosphères feutrées, je m’attendais à une enquête immersive. The Last Case of John Morley est effectivement une aventure narrative en vue subjective sortie notamment sur PS5.
Le pitch est simple, mais séduisant : vous incarnez le détective John Morley, de retour de convalescence après une affaire difficile, rappelé à son bureau par une aristocrate anglaise, Lady Margarette Fordside, qui souhaite rouvrir le dossier du meurtre de sa fille — un crime vieux de vingt ans, officiellement classé, mais dont elle doute qu’un vrai coupable ait été puni. L’enquête vous entraîne dans des lieux poussiéreux, maisons abandonnées ou manoirs décrépits, avec l’objectif de reconstituer des scènes de crime, de collecter des indices, et de révéler une vérité enfouie. Que du classique comme j’aime !
The Last Case of John Morley ne prétend pas rivaliser avec les mastodontes du genre, ce n’est ni une simulation exhaustive de police, ni un open world foisonnant, ni un thriller d’action. Il s’inscrit plutôt dans la lignée de petits « walking simulators » narratifs, centrés sur l’atmosphère, l’idée d’un huis clos mental revisitant les souvenirs, les regrets et les non-dits. On se situe dans la veine « récit interactif » plutôt que dans le jeu d’action ou d’investigation pure. Et c’est ce qui fait principalement son charme.
Le gameplay et le level design sont à l’image de cette ambition modeste : le joueur arpente des environnements sombres, fouille des pièces, clique sur des objets, lit des lettres, examine des indices, et parfois active des scènes de reconstitution (flashbacks) où la chronologie du crime se révèle. Ces phases de "reconstruction" sont visuellement intéressantes, elles font basculer l’enquête d’un simple inventaire d’objets vers une tentative de revivre mentalement l’événement.
Mais ici résident à la fois les forces et les limites du jeu. J’ai apprécié la tension sourde, l’atmosphère typée film noir (le décor, la lumière, le silence entrecoupé de notes musicales discrètes) tout contribue à un sentiment d’oppression et d’attente. La narration, plutôt bien calibrée, parvient à maintenir l’intérêt jusqu’au dénouement, qui surprend. En revanche, la rigueur du gameplay se révèle décevante. Beaucoup de séances de "fouille-clic", de déplacement d’une pièce à l’autre, à scruter des objets, sans réelle profondeur d’interaction. Les énigmes sont simples, l’absence d’un système de journalisation ou de carnet de piste (notes automatiques, rappel des codes ou des indices) nuit à l’aspect enquête : il faut souvent se rappeler mentalement ce qu’on a vu, ou noter soi-même.
Techniquement, le jeu souffre aussi de quelques maladresses : animations parfois raides, synchronisation labiale médiocre, bugs occasionnels (objets qui disparaissent, collisions invisibles, "pop-in" d’objets), ce qui peut briser l’immersion, d’autant que le rythme est lent, et que des temps morts inutiles (rechargements, scènes longues) se font sentir.
Mais malgré ces défauts, le charme opère parfois : ces lieux délabrés, cette lumière crasseuse, cette idée qu’on remue des ombres et des silences… On se prend au jeu, on s’interroge, on garde un soupçon d’espoir que la vérité sorte du puits, même quand le gameplay paraît minimaliste. Cela fonctionne mieux si, comme moi, on vient sans grandes attentes techniques, mais pour ce goût du mystère et de l’atmosphère.
En terme de durée de vie, le titre est très court, on en vient à bout en 3 à 4 heures, ce qui en fait un "snack-jeu" plutôt qu’une expérience longue. Ce format peut séduire si l’on recherche un moment ponctuel, une soirée de jeu contemplatif, mais il limite clairement la profondeur narrative ou la complexité d’investigation possible.
Au final, est-ce que ce jeu vaut le coup ? Oui : si l’on considère ce qu’il promet : une balade sombre dans le Londres des années 40, un mystère ancien, l’expérience d’un détective fatigué, et un récit condensé autour de secrets familiaux et de remords. Non : si l’on attend un système d’enquête riche, des mécaniques profondes, ou une technique aboutie pendant une centaine d’heures de jeu…
Pour ma part, j’ai vraiment apprécié The Last Case of John Morley pour ce qu’il est : un petit polar à la fois honnête et imparfait, capable de faire naître un frisson de curiosité, une tension douce-amère, et un sentiment de mélancolie. Sans illusions, mais avec une voix, un décor, un mystère. Et j’ai pris beaucoup de plaisir à le platiner.
Article rédigé par Mlle_Krikri
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