[Test] Bye Sweet Carole
Bye Sweet Carole est ce que l’on appelle un OVNI du jeu vidéo. Malgré qu’il ait été annoncé en 2021, le grand public en a entendu assez peu parler avant sa sortie. Réalisé par Chris Darril, ayant œuvré auparavant sur la licence de jeux horrifique Remothered, le titre dont nous parlons aujourd’hui prend le parti pris d’avoir une animation en 2D inspirée par les films d’animation Disney des années 50 comme Alice au pays des Merveilles, tout en restant un jeu horrifique. Sommes-nous en présence d’un chef d’œuvre ou nous sommes nous perdus dans le terrier du lapin ? Vérifions cela ensemble !
Nous incarnons donc la jeune Lana Benton, pensionnaire de Bunny Hall, un orphelinat typique de l’Angleterre Victorienne suite à la mort de sa mère. Dans cet orphelinat un peu coupé du monde ou notre héroïne n’a pas réellement sa place, avec ses idées malheureusement un peu trop en avance sur son temps dans l’égalité des sexes, elle s’était liée d’amitié avec Carole, une autre pensionnaire. Mais celle-ci disparut du jour au lendemain et nous retrouvons donc Lana, se réveillant avec à ses côtés une lettre de Carole parlant d’un mystérieux Français, et part à sa recherche dans un monde mêlant d’un côté ce monde de Corolla à la fois féerique mais perverti par Mr Kyn, le grand méchant du jeu mais aussi le monde réel et la vie au 19ème siècle au pensionnat, avec les railleries que Lana et d’autres personnages subiront. Sans trop en dire, le scénario peut paraître très décousu avec la notion entre réel et imaginaire qui se mélange sans cesse, sans savoir le vrai du faux. Mais d’utiliser cette façon pour narrer les évènements, c’est quand même une idée de génie et il faut savoir souligner quand quelque chose est vraiment bien fait. L’histoire de Lana et sa condition en tant que femme (et donc dans ce contexte de l’époque victorienne, d’être réduite à un trophée de chasse, ce qui ne devrait jamais être le cas) est parfaitement sublimée par son côté rebelle. Tout comme la relation sur la recherche de Carole, avec l’intervention de différents protagonistes du pensionnat comme ses camarades de classe ou sa gouvernante, mais aussi de Corolla comme Mr Baesie, protecteur de notre héroine. Vraiment le storytelling du jeu est grandiose et c’est l’un des éléments qui tiendra le joueur en haleine jusqu’au dénouement final.
Magnifique, c’est le mot qui nous vient quand on voit la séquence d’introduction du jeu, et c’est ce mot que l’on garde durant tout le jeu. L’aspect visuel emprunté aux créations Disney des années 50/60 est juste incroyable. Et on joue toujours sur cette dualité entre la douceur du monde de Corolla, sa corruption par Mr Kyn et la dureté du goudron et de la décrépitude de Bunny Hall, avec son côté froid et ou on se sent peu en sécurité avec le bazar qu’il y a. Le côté visuel est vraiment agréable à voir et le charadesign des ennemis peut faire penser à certains personnages de Cuphead, ce dernier s’inspirant aussi des premières créations Disney. Rien à redire vraiment tout est parfait visuellement. Le soin apporté aux animations, et à celles de mort de Lana font aussi penser à Dragon’s Lair.
Et on reste raccord au niveau des voix et des compositions musicales, il n’y a rien à redire, tout est parfait ! Que ce soit Lana, doublée par Elsie Lovelock (que l’on a déjà entendu dans Remothered, l’autre série de jeu du créateur Chris Darill) qui interprète d’ailleurs subliment le thème de fin qui donne des frissons), ou les autres personnages, tout est ultra précis et juste et c’est clairement appréciable, avec une mention spéciale à Baesie et à l’automate qui apprend la danse à Lana, qui sont à la fois drôles et touchants.
Bye Sweet Carole dans son gameplay prend exemple sur de multiples jeux. Pensé comme un platformer horrifique, il vous proposera d’avancer dans les différentes sections en interagissant avec le décor, afin de trouver les éléments pouvant vous débloquer à la manière d’un point and click. Vous pourrez donc interagir avec ces éléments du décor et combiner des objets pour résoudre quelques casse têtes dont la difficulté est assez basique.
Le problème de ces phases, c’est qu’elles sont artificiellement gonflées pour augmenter la durée de vie, et on le sent dès que l’on joue Lana : on doit récupérer la lettre de Carole, qui se déplace au gré du vent et qui change plusieurs fois de position. Nous obligeant à répéter plusieurs fois la même action. Et encore plus après quand des ennemis apparaîtront et vous poursuivront de la même manière que Clock Tower dont Bye Sweet Carole s’inspire fortement. En effet vous pourrez vous cacher dans des recoins et retenir votre inspiration pour que les poursuivants vous oublient. Ce qui est fait habilement, il faut le reconnaître car plus vous serez à bout de souffle, plus votre écran se floutera avec des lapins horrifiques qui apparaîtront sur l’écran.
Autre problème également : les déplacements sont hasardeux, pour un saut mal rythmé on peut tomber et perdre la vie. Mais aussi lors de courses poursuites avec les ennemis, lorsque vous emprunterez des escaliers, il se peut que vous le remontiez parce que vous n’êtes pas à la bonne frame alors que vous voulez juste tracer votre route sur le parquet. A noter qu’en cours de jeu vous pourrez incarner Mr Baesie dans des séquences de combat ou d’exploration, en utilisant son corps entier et sa tête pour déverrouiller des passages. Tout comme Lana, qui possèdera en cours de jeu la faculté de se transformer en lapin, vous permettant d’aller plus haut en faisant du wall jump, mais aussi de vous faufiler dans des passages retors.
Et c’est dommage que ce soit exécuté aussi maladroitement car il y avait un sacré potentiel dans le jeu, un peu comme un Little Nightmares, mais malheureusement ces trop nombreux défauts ternissent le jeu.
Il vous faudra un peu moins de 10 heures pour connaître le dénouement de cette histoire et savoir ce qu’il est advenu de Carole. Malheureusement mis à part les trophées, nous ne retournerons pas dans le royaume de Corolla ou dans le pensionnat et nous rangerons le jeu tout en ayant savouré l’histoire qui s’est dévoilée devant nous.
Que retenir de Bye Sweet Carole ? Malgré une réalisation et une direction artistique incroyable, le jeu pêche par ses lacunes de gameplay ternissant l’expérience du joueur. De par ses trop grands allers-retours et les bugs de collision ou de direction et malgré l’inspiration de jeux culte du genre, il rate de peu le coche d’en faire un jeu excellent, et se contente malheureusement d’être un jeu un peu plus que moyen qui aurait pu tellement être une pépite du genre ! Et c’est vraiment dommage car les messages du jeu, et les thèmes abordés sont fait avec une extrême justesse. D’ailleurs j’invite ceux qui ont fini le jeu à revoir la scène d’introduction, avec un autre regard, et je trouve ça vraiment bien pensé. Encore dommage que le gameplay ne suive pas, peut être pour un second épisode !
Article rédigé par Bloblor
/image%2F0807494%2F20201215%2Fob_8db38c_banniere-haut.png)
![[Test] Bye Sweet Carole](https://image.over-blog.com/pJEVTIEC46M9hfCOALS3m90AwfQ=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20251030%2Fob_53b563_bye-sweet-carole.jpg)
![[Test] Bye Sweet Carole](https://image.over-blog.com/ONLolwP9rl4npE0_C62B--k28DI=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20251030%2Fob_9d77ca_bye-sweet-carole-1.jpg)
![[Test] Bye Sweet Carole](https://image.over-blog.com/kS8CGAF_7efXgmRFZV4De2CHAfM=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20251030%2Fob_7f8828_bye-sweet-carole-2.jpg)
![[Test] Bye Sweet Carole](https://image.over-blog.com/v75PW6_0L-Sf5AwFjyv8tKyw8zw=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20251030%2Fob_0a7090_bye-sweet-carole-3.jpg)
![[Test] Bye Sweet Carole](https://image.over-blog.com/t9Da5V2dVrtl1Auae0ziD_DDBvE=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20251030%2Fob_5923ed_bye-sweet-carole-4.jpg)
![[Test] Bye Sweet Carole](https://image.over-blog.com/3U2QCmb7oUQ10_PsregkYnaiA1k=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20251030%2Fob_28eecb_bye-sweet-carole-5.jpg)






/image%2F0807494%2F20201215%2Fob_4f0e3f_banniere-bas.png)
Commenter cet article