[Test] The Elder Scrolls IV : Oblivion - Remastered

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[Test] The Elder Scrolls IV : Oblivion - Remastered

Il y a des jeux qui, en leur temps, ont non seulement marqué l'industrie vidéoludique, mais ont également redéfini des genres entiers. The Elder Scrolls IV: Oblivion fait indiscutablement partie de ces titres. Avec cette version remasterisée, c’est une porte temporelle qui s’ouvre : on ne se contente pas de revivre le passé, on le revisite, enrichi par les technologies modernes. Mais au-delà de la nostalgie, il est impératif d’évaluer ce que cette refonte apporte véritablement, tant en termes de contenu que de technique et de confort de jeu.

La première chose qui saute aux yeux, c’est l’évolution graphique. Cyrodiil, ce vaste monde aux biomes multiples, bénéficie ici d’un lifting visuel impressionnant. Les textures sont nettement plus détaillées, les effets de lumière dynamiques enrichissent les atmosphères, qu’il s’agisse des clairs-obscurs des cavernes ou de la douce brume qui s’élève au petit matin dans les forêts. L’utilisation d’un moteur moderne permet des rendus de végétation, d’eau et d’ombres bien plus réalistes. On observe également une amélioration notable des modèles 3D, qu’il s’agisse des créatures, des personnages ou des objets, même si certaines animations restent un peu rigides, héritage d’une époque où la priorité n’était pas la cinématique des mouvements.

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L’ambiance générale du jeu bénéficie énormément de ces améliorations. Cyrodiil gagne en crédibilité et en immersion. La refonte sonore, discrète mais pertinente, accentue cette impression. Le thème musical emblématique, conservé et subtilement remastérisé, installe toujours cette aura d’épopée et de liberté. Quant aux bruitages environnementaux, ils participent activement à l’immersion : les bruissements dans les feuillages, les pas sur la pierre humide des donjons, les échos dans les montagnes... tout concourt à une expérience sensorielle plus aboutie.

Sur le plan du gameplay, Oblivion Remastered conserve l’essence de ce qui a fait la force du jeu original. Il s’agit toujours d’un RPG en monde ouvert laissant une liberté presque totale au joueur. La personnalisation du personnage est aussi complète qu’à l’époque, avec un choix de races, de compétences, et de signes astrologiques influant sur le style de jeu. La progression est toujours liée à l’usage des compétences : plus on utilise une compétence, plus elle progresse, ce qui permet une évolution organique du personnage, façonnée par les choix réels du joueur plutôt qu’imposée par une classe prédéfinie.

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Le système de combat, bien que retravaillé graphiquement, conserve sa structure d’origine. Il repose sur une alternance entre attaques de mêlée, de distance, et l’usage de la magie. Bien que le feedback visuel et sonore ait été amélioré, la physique des affrontements reste un peu datée. Les coups manquent parfois d’impact, et l’intelligence artificielle des ennemis conserve certains comportements rigides. Cela n’empêche pas le plaisir de l’exploration et des combats, mais cela rappelle que le cœur du jeu est toujours celui de 2006, avec ses qualités et ses limites.

Les quêtes, en revanche, n’ont pas pris une ride. Elles conservent une richesse d’écriture et une variété de situations remarquable. Chaque faction - la Guilde des Voleurs, la Confrérie Noire, la Guilde des Mages ou des Guerriers - offre une trame scénaristique indépendante, avec des personnages marquants et des retournements bien pensés. L’extension Shivering Isles, incluse dans cette version, ajoute un pan entier d’univers à explorer, avec un ton volontairement plus délirant et onirique. Elle demeure une des meilleures extensions jamais conçues pour un RPG solo, et son intégration fluide dans la version remasterisée permet de prolonger l’expérience sans discontinuité.

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Un effort particulier a été porté sur l’interface utilisateur. Les menus, qui étaient souvent critiqués pour leur lourdeur dans la version originale, ont été repensés pour offrir plus de clarté et de réactivité. Le journal de quêtes est plus lisible, la gestion de l’inventaire facilitée, et la navigation dans les menus se fait désormais sans latence ni surcharge visuelle. La carte du monde reste cependant un élément moins travaillé ; bien qu’elle soit fonctionnelle, elle conserve une apparence plus austère, un contraste notable avec l’esthétique modernisée du reste du jeu.

La PlayStation 5 propose une expérience stable en 60 FPS, bien que l’on observe quelques micro-freezes lors de certains chargements de zones. Ces problèmes restent toutefois marginaux et ne remettent pas en cause la fluidité générale de l’expérience. La gestion des sauvegardes a également été optimisée, avec une meilleure répartition des auto-saves et une diminution significative du risque de corruption de fichier.

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La remasterisation inclut par ailleurs l’intégralité des contenus téléchargeables précédemment sortis. Cela comprend les petites extensions comme les maisons à thème ou équipements spéciaux, mais surtout les deux grandes extensions, Knights of the Nine et Shivering Isles. Ce contenu additionnel vient renforcer la richesse de l’expérience globale et justifie pleinement la durée de vie conséquente du titre, qui peut facilement dépasser les 100 heures pour les joueurs désireux de tout explorer.

En matière de direction artistique, Oblivion Remastered conserve la patte de l’original tout en lui apportant une cure de jouvence bienvenue. Le design des villes, chacune avec sa personnalité architecturale et culturelle propre, reste un point fort du titre. De la blancheur impériale de la Cité à l’ambiance gothique de Bruma ou à la douceur bucolique de Chorrol, la diversité est au rendez-vous. Le monde n’est jamais monotone et incite sans cesse à l’exploration, d’autant plus que les temps de chargement entre les zones ont été réduits, voire supprimés sur certaines plateformes, ce qui fluidifie les déplacements.

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En conclusion, The Elder Scrolls IV: Oblivion - Remastered remplit efficacement sa mission de faire revivre un monument du jeu de rôle à l’occidentale. Cette version modernisée respecte le matériau d’origine tout en le sublimant visuellement, en améliorant l’ergonomie, et en y intégrant l’ensemble de son contenu. Elle reste toutefois ancrée dans certaines mécaniques héritées d’une autre époque, ce qui peut parfois frustrer les joueurs habitués aux standards actuels en termes de dynamisme et d’IA. Cependant, c’est aussi dans cette fidélité que réside son authenticité. Le plaisir de redécouvrir Cyrodiil, de se perdre dans ses forêts, de percer les mystères de ses ruines, ou de s’élever au rang d’archimage, reste intact. Plus qu’un simple coup de pinceau sur un vieux tableau, Oblivion Remastered est une passerelle entre deux générations, un hommage respectueux et ambitieux à un classique indémodable.

 



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