[Test] Brave New Wonders
Le jeu d’automatisation est devenu un genre à part entière. Factorio en a largement défini la grammaire, Satisfactory l’a transposée dans de vastes environnements en 3D et Dyson Sphere Program en a considérablement élargi l’échelle. Dans ce paysage encombré, Brave New Wonders avait besoin d’une idée forte pour exister. City From Naught en a trouvé une : remplacer les traditionnels tapis roulants par des robots auxquels on peut donner des instructions en langage naturel.
Sorti sur PC en septembre 2026, le jeu nous place plusieurs millénaires après l’effondrement de notre civilisation. J’y incarne une Pionnière chargée de reconstruire progressivement une société au milieu des vestiges du monde ancien. Le scénario reste discret, mais les ruines abritent reliques, technologies oubliées et machines encore actives, donnant une certaine cohérence à l’exploration.
La campagne traverse quatre grandes régions qui introduisent progressivement leurs propres contraintes. L’Amérique constitue une entrée en matière relativement tranquille, avant que l’Europe enneigée, l’Afrique et ses problématiques d’irrigation ou encore l’Asie volcanique ne viennent modifier les règles. Cette évolution géographique évite que la progression consiste simplement à fabriquer davantage des mêmes produits.
La véritable particularité de Brave New Wonders reste toutefois sa logistique. Des automates transportent les marchandises et peuvent recevoir des comportements plus ou moins élaborés. Je peux simplement demander à un robot d’apporter du minerai à une raffinerie ou construire progressivement des instructions conditionnelles tenant compte des stocks et des signaux émis par les bâtiments. Le jeu traduit les demandes formulées en langage courant en graphes comportementaux, que l’on peut également manipuler directement.
L’idée fonctionne remarquablement bien lorsqu’elle est maîtrisée. Au lieu de chercher continuellement où installer un convoyeur supplémentaire, je réfléchis à des règles : quand transporter une ressource, vers quelle destination et sous quelles conditions. L’intelligence artificielle devient donc ici une véritable mécanique de gameplay plutôt qu'un outil de création de contenu.
Elle possède néanmoins ses limites. Les instructions doivent être suffisamment précises et peuvent parfois demander une reformulation. Lorsque les installations grossissent, une mauvaise organisation provoque trajets inutiles, stocks saturés ou comportements inefficaces. Quelques hésitations de pathfinding peuvent également apparaître. Les plans et la duplication des comportements permettent heureusement de reproduire rapidement les systèmes qui fonctionnent.
Les sept Wonders constituent les principales étapes de cette montée en puissance. La première est notamment un gigantesque dirigeable capable d’accueillir des installations industrielles et de voyager entre les continents. J’apprécie cette manière de faire évoluer l’échelle du jeu plutôt que de se contenter de débloquer régulièrement une machine légèrement plus performante.
L’exploration apporte également quelques respirations. La Pionnière peut parcourir les environnements à bord d’un Monowheel, fouiller les ruines et affronter certaines machines hostiles. Des tourelles permettent de défendre les installations. Cette dimension donne davantage de présence au monde, même si les combats restent nettement moins intéressants que les systèmes d’automatisation.
Visuellement, Brave New Wonders mélange science-fiction, industrie, ruines post-apocalyptiques et quelques influences steampunk. Voir un territoire abandonné reprendre progressivement vie sous l’activité de dizaines de machines procure une véritable satisfaction. La contrepartie apparaît lorsque l’usine devient gigantesque : bâtiments, robots, ressources, signaux et informations s’accumulent et l’interface peut alors manquer de lisibilité.
Le bilan technique semble globalement satisfaisant, malgré quelques imperfections de jeunesse. La configuration demande tout de même 16 Go de mémoire au minimum et 32 Go sont recommandés. Les premiers correctifs ont déjà traité différents problèmes d’interface, d’énergie et de localisation. Rien ne semble rendre l’expérience particulièrement instable, mais le jeu reste suffisamment récent pour que quelques ajustements soient encore nécessaires.
L’ambiance sonore privilégie les basses, les percussions mécaniques et les sonorités industrielles. Elle accompagne efficacement les gigantesques structures découvertes, même si l’accumulation des bruits de machines peut devenir fatigante pendant les longues séances.
La campagne est annoncée à plus de quarante heures et la rejouabilité dépend surtout de l’envie d’optimiser ses installations. Deux joueurs peuvent résoudre le même problème de façons très différentes, tandis que les nouvelles contraintes environnementales obligent régulièrement à remettre en question les méthodes acquises. La difficulté reste progressive : on peut commencer avec des ordres élémentaires avant de développer des réseaux beaucoup plus sophistiqués.
Quelques lourdeurs d’interface, des déplacements parfois hésitants et un système de langage naturel encore perfectible empêchent la formule d’être parfaitement aboutie. Mais dans un genre saturé de convoyeurs, cette usine peuplée de robots programmables possède suffisamment de personnalité pour mériter l’attention. Plutôt que de construire encore une route pour transporter une ressource, Brave New Wonders me propose d’apprendre à une machine où l’emmener. Cette différence paraît minime sur le papier ; une fois l’usine en marche, elle change beaucoup de choses. Très intelligent.
Article rédigé par Mlle_Krikri
/image%2F0807494%2F20201215%2Fob_8db38c_banniere-haut.png)
![[Test] Brave New Wonders](https://image.over-blog.com/nuRH0-cz1xzXE2IDVwjCoV67fPw=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20261102%2Fob_36652f_brave-new-wonders.jpg)
![[Test] Brave New Wonders](https://image.over-blog.com/QWlU49IxjgQauOuAOvEKXGBNGGk=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20261102%2Fob_2cf174_brave-new-wonders-1.jpg)
![[Test] Brave New Wonders](https://image.over-blog.com/xnzV4fSp8ihkElCLUoHCPvaYaQI=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20261102%2Fob_fc411a_brave-new-wonders-1-1.jpg)
![[Test] Brave New Wonders](https://image.over-blog.com/Vm6GXrohk16QiA-JdTGJC4aavaM=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20261102%2Fob_731fc4_brave-new-wonders-2.jpg)
![[Test] Brave New Wonders](https://image.over-blog.com/_LheBXMWtGHJP6rO3_hDO4onMcA=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20261102%2Fob_77a2a8_brave-new-wonders-2-1.jpg)
![[Test] Brave New Wonders](https://image.over-blog.com/MWdNyc1ktgapAMZyI89fVrrYQsg=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20261102%2Fob_b7b5df_brave-new-wonders-3.jpg)


/image%2F0807494%2F20260306%2Fob_0f66c4_buy-me-a-coffee.png)



/image%2F0807494%2F20201215%2Fob_4f0e3f_banniere-bas.png)
Commenter cet article