[Test] Super Woden Rally Edge

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[Test] Super Woden Rally Edge

Il suffit parfois d’une ambition bien définie pour donner du caractère à un jeu de course. Avec Super Woden Rally Edge, je suis surtout sensible à la place accordée au pilotage : une route à comprendre, une voiture à apprivoiser, un temps à améliorer. Cette proposition prolonge le travail de ViJuDa, le développeur espagnol derrière Woden GP, Super Woden GP et Super Woden GP II. La série délaisse ici la diversité des compétitions automobiles pour se concentrer sur le rallye. Une spécialisation qui lui donne une identité immédiatement compréhensible.

L’histoire se résume à une ascension sportive. On commence modestement, puis les résultats permettent d’acheter des voitures et d’accéder à de nouvelles épreuves. Aucun scénario ne vient construire une rivalité ou donner une existence particulière aux concurrents. J’aime qu’un jeu laisse les résultats raconter la progression ; encore faut-il que cette progression suffise à entretenir l’envie.

[Test] Super Woden Rally Edge

La comparaison avec Art of Rally s’impose par la perspective surélevée et le goût des automobiles anciennes. Cependant, Rally Edge associe cette parenté visuelle à une logique de garage et d’achats qui rappelle Gran Turismo. Je trouve ce positionnement intéressant : il permet d’aborder le rallye avec une structure familière, sans adopter toutes les exigences d’une simulation. Il faut néanmoins dépasser l’idée qu’une présentation rétro implique une conduite sommaire. L’accessibilité concerne d’abord la compréhension des commandes. La précision, elle, reste à acquérir, et constitue justement la raison de revenir.

Le modèle de conduite privilégie la glisse, mais les voitures ne se comportent pas toutes de façon identique. C’est ce gameplay qui me convainc sur le principe : le dérapage devient une technique à doser, avec un point d’entrée et une sortie à préparer. Le plaisir tient alors à la précision du geste, davantage qu’à la seule impression de puissance.

[Test] Super Woden Rally Edge

Les tracés donnent du sens à cet apprentissage : les passages montagneux japonais, une route grecque longeant le littoral et les chemins enneigés des forêts scandinaves. Les gymkhanas, avec leurs parcours courts et leurs cibles à atteindre, proposent une autre forme de précision. Je les vois comme une respiration bienvenue, même si elles restent liées à la même maitrise de freinages et de rotations.

La carrière articule résultats sportifs et gestion du garage avec brio. Les podiums rapportent des étoiles qui ouvrent de nouvelles épreuves ; les gains servent à acheter et améliorer les voitures. Les véhicules remportés ne correspondent pas systématiquement à la catégorie dont on aura ensuite besoin. Il faut parfois revendre pour financer la suite. J’apprécie cette retenue : une récompense conserve de la valeur. Mais elle rend aussi les mauvais achats plus pénalisants. Le système fonctionne d’autant mieux quand le joueur comprend ce qu’il achète et pourquoi cela pourra lui être utile.

[Test] Super Woden Rally Edge

Je n’attends pas d’un tel jeu une documentation mécanique exhaustive, mais une comparaison claire entre deux investissements me semble essentielle. Une préparation spécifique devrait aider à comprendre les effets d’une modification. Sans cette lisibilité, le risque est de dépenser ses crédits en supposant qu’une pièce plus chère résoudra les difficultés rencontrées sur la route. Et cela arrive parfois. Cela affaiblit la dimension stratégique du garage, même si la conduite conserve son intérêt.  Mais d’un autre côté c’est un peu comme Gran Turismo…

La sanction des erreurs mérite également une réserve. J’accepte volontiers qu’une sortie coûte plusieurs secondes ; je suis moins convaincue lorsque la limite autorisée manque de clarté. Dans une discipline fondée sur la recherche du meilleur passage, cette lisibilité est fondamentale. Une défaite donne envie de recommencer lorsqu’elle permet de comprendre ce qui doit changer. Une pénalité difficile à comprendre produit une certaine… irritation.

[Test] Super Woden Rally Edge

Visuellement, le jeu assume une représentation stylisée et un parc automobile dépourvu de licences officielles. Les silhouettes entretiennent néanmoins une familiarité évidente avec l’histoire du rallye. Je reste une fan inconditionnelle de la Lancia Stratos. Je suis attachée à cette façon de suggérer une époque sans chercher la reconstitution photographique. Les voitures deviennent des objets que l’on a envie de collectionner, et le mode photo accompagne cette intention avec brio.

Sur PS5, le jeu tourne très bien. Rien à redire…

L’accompagnement sonore prolonge l’énergie de l’ensemble. Je retiens surtout la cohérence d’un habillage qui soutient la course sans prétendre à une restitution mécanique exhaustive. Les annonces du copilote ont une fonction plus importante encore, puisqu’elles préparent les gestes à venir.

[Test] Super Woden Rally Edge

Pour la durée de vie, comptez environ neuf heures de carrière pour un joueur habile, davantage lorsque les erreurs se multiplient. Cette estimation ne couvre évidemment pas toutes les envies de collection ou de perfectionnement. Le mode arcade et les classements prolongent l’expérience, avec une limite simple : il faut aimer refaire une route. Le multijoueur local, jusqu’à quatre participants, apporte aussi une raison de ressortir le jeu. Je considère cette rejouabilité comme une proposition plutôt qu’une promesse universelle. La chasse aux chronos peut occuper longtemps ; elle peut aussi laisser indifférente une joueuse qui attend surtout de nouvelles épreuves.

Si je devais résumer : Gran Turismo Super Redux en cel-shading.

Article rédigé par Mlle_Krikri

 



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