[Test] Future Knight
Quelques secondes suffisent devant Future Knight pour comprendre que ce n’est pas simplement un jeu indépendant en pixel art. Leur référence est plus ancienne : les jeux électroniques à écran LCD des années 1980 et 1990, avec leurs silhouettes sombres se déplaçant sur des décors presque fixes. Sorti le 13 août 2026 sur Steam, Future Knight transforme cette contrainte technique disparue en véritable direction artistique. Le résultat est immédiatement identifiable et suffisamment cohérent pour ne jamais donner l’impression d’un simple exercice nostalgique.
L’histoire se déroule le 23 mai 1993. L’humanité vient de perdre la mémoire à cause de la Dame du Passé, dirigeante d’une secte appelée « Présent », et Future Knight dispose de huit heures pour éviter la catastrophe. Il est accompagné de Two More, une tumeur bénigne consciente vivant à l’intérieur de son corps robotique. Le ton est volontairement absurde, entre science-fiction rétro, culture japonaise et humour décalé. Le scénario reste secondaire et sert surtout à relier les différentes situations sans ralentir l’action.
Car derrière son apparence expérimentale se trouve un jeu assez classique. Future Knight mélange run and gun, plates-formes et shoot'em up. Le héros saute, tire avec son Techno Blaster, esquive et attaque au corps à corps. Les commandes sont précises et les affrontements suffisamment nerveux pour fonctionner immédiatement. Le système ne possède pourtant pas une profondeur considérable et révèle assez rapidement l’essentiel de ses possibilités.
La meilleure idée ludique : La petite créature peut quitter Future Knight, escalader certaines surfaces, se glisser dans des passages étroits et utiliser des accélérations particulières. Elle est cependant beaucoup plus vulnérable. Les ressources des deux personnages étant interdépendantes, le jeu encourage régulièrement à abandonner temporairement la sécurité du robot pour profiter des capacités de son occupant. Cette mécanique apporte un peu de stratégie aux combats et permet également d'accéder à certains passages facultatifs.
L’aventure est divisée en huit biomes correspondant aux huit heures précédant la catastrophe, eux-mêmes découpés en sections assez courtes. Défilements horizontaux et verticaux alternent avec quelques séquences particulières, notamment à bord de la Future Board. Le rythme reste agréable, mais le level design demeure généralement linéaire. Les trois triangles cachés dans chaque niveau encouragent un peu l’exploration sans transformer le jeu en véritable chasse aux secrets.
Les boss sont nettement plus intéressants. Ils imposent d’observer leurs attaques, de maîtriser les déplacements et d’utiliser intelligemment les possibilités du tandem. Ce sont les moments où le mélange entre jeu de plates-formes et shoot'em up fonctionne le mieux. La difficulté reste raisonnable : Future Knight demande de bons réflexes mais ne cherche jamais à reproduire la brutalité des jeux d’arcade auxquels son esthétique pourrait faire penser.
C’est visuellement qu’il possède le moins d’équivalents. Silhouettes noires, arrière-plans verdâtres, rémanence des personnages et apparitions fantomatiques reproduisent l’apparence d’un ancien écran LCD. Certaines animations donnent même l’impression que la dalle vient de se fissurer. Paradoxalement, les mouvements sont beaucoup plus fluides que ceux des véritables machines de l’époque. Cette rencontre entre imitation et modernisation fonctionne remarquablement bien. Elle peut toutefois nuire ponctuellement à la lisibilité, certains éléments interactifs ayant tendance à se confondre avec le décor.
Sur PC, Future Knight reste très peu exigeant et bénéficie également d’une certification Steam Deck (testé et approuvé). Son lancement a nécessité cependant quelques corrections : un patch publié le 24 août a notamment réglé plusieurs blocages dans certains niveaux et une perte occasionnelle des commandes lors des transitions avec Two More.
L’ambiance sonore prolonge intelligemment cette étrangeté. Les compositions utilisent notamment des voix et des sonorités proches de l’a cappella, accompagnées de bruitages volontairement secs. Comme la direction artistique, cette approche peut diviser mais possède au moins une personnalité immédiatement reconnaissable. Future Knight ne ressemble ni vraiment à un jeu moderne, ni totalement à celui qu’aurait pu produire l’industrie il y a trente ans.
La durée de vie constitue sa principale limite. Une première partie demande environ quatre à six heures selon le niveau du joueur et son intérêt pour les éléments facultatifs. Chercher tous les triangles, débloquer les éléments cosmétiques ou compléter les quarante succès Steam prolonge quelque peu l’expérience, mais la rejouabilité reste modérée.
Future Knight repose finalement sur un paradoxe assez séduisant : son esthétique est beaucoup plus originale que son gameplay. Son action fonctionne bien, les contrôles sont précis mais son level design demeure conventionnel. C’est surtout cette improbable résurrection du jeu électronique LCD qui lui permet de se distinguer.
Je retiens donc davantage une réussite de direction artistique qu’une révolution de game design. Court, étrange et suffisamment inventif pour maintenir l’intérêt jusqu’au bout, Future Knight connaît ses limites et adapte intelligemment son format à ses ambitions.
Article rédigé par Mlle_Krikri
/image%2F0807494%2F20201215%2Fob_8db38c_banniere-haut.png)
![[Test] Future Knight](https://image.over-blog.com/EQCXph0ow7Q9on7Bcxt24Rhdimc=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20260930%2Fob_0368f8_future-knight.jpg)
![[Test] Future Knight](https://image.over-blog.com/KLbAJK8FD5UMYP7Q_cy4ePdm9xQ=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20260930%2Fob_eaa447_future-knight-1.jpg)
![[Test] Future Knight](https://image.over-blog.com/HnDzEiXkG_UxdFBjGsIun33KRHY=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20260930%2Fob_6c48fd_future-knight-2.jpg)
![[Test] Future Knight](https://image.over-blog.com/ipa7OaHNb3SBFo0xLeorjlCrOew=/filters:no_upscale()/image%2F0807494%2F20260930%2Fob_273722_future-knight-3.jpg)


/image%2F0807494%2F20260306%2Fob_0f66c4_buy-me-a-coffee.png)



/image%2F0807494%2F20201215%2Fob_4f0e3f_banniere-bas.png)
Commenter cet article