[Test] Lawn Mowing Simulator 2

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[Test] Lawn Mowing Simulator 2

Avec son concept entièrement consacré à l’entretien des pelouses, Lawn Mowing Simulator avait déjà démontré qu’une activité aussi banale que passer la tondeuse pouvait devenir la base d’un jeu de simulation étonnamment prenant. Lawn Mowing Simulator 2 reprend cette philosophie, la développe et tente surtout de corriger ce qui limitait son prédécesseur. Le résultat reste évidemment destiné à un public bien particulier, mais cette suite possède une vraie qualité : elle assume totalement son sujet. Ici, pas question de transformer l’entretien des espaces verts en jeu d’arcade. On tond, on taille, on ramasse, on souffle les feuilles et on développe progressivement son entreprise. Et, aussi improbable que cela puisse paraître, il suffit de quelques minutes pour retrouver cette satisfaction très particulière procurée par une pelouse parfaitement entretenue.

Cette fois, Lawn Mowing Simulator 2 abandonne le Royaume-Uni pour installer son activité aux États-Unis. Le changement est loin d’être purement cosmétique. Les propriétés américaines permettent au jeu de proposer des espaces généralement plus ouverts et surtout de varier davantage les environnements. Jardins résidentiels, espaces commerciaux ou propriétés municipales constituent ainsi les différents terrains de jeu de cette nouvelle carrière. Onze lieux sont disponibles, la plupart pouvant accueillir plusieurs contrats différents. Certains évoluent même au fil du temps : une propriété déjà visitée peut se retrouver modifiée par l’apparition d’une piscine hors-sol, d’un massif de fleurs ou d’autres éléments obligeant à revoir son parcours de tonte. Une bonne manière d’éviter que chaque retour sur un terrain connu donne exactement l’impression de recommencer la même mission.

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La tonte constitue évidemment toujours le cœur de l’expérience et c’est précisément sur cet élément que les progrès sont les plus visibles. Skyhook Games a entièrement retravaillé son système de gestion de l’herbe. Un détail qui n’en est évidemment pas un ici, puisque l’herbe constitue le principal indicateur visuel de notre progression. Les différences de hauteur sont nettement plus perceptibles, les zones déjà travaillées se distinguent immédiatement et les passages successifs de la machine produisent un résultat beaucoup plus convaincant. Voir une parcelle désordonnée se transformer progressivement en surface parfaitement entretenue constitue l’une des principales récompenses du jeu. La déformation de l’herbe et les traces laissées lors du passage participent également à cette sensation de réellement travailler le terrain. Cette amélioration graphique a surtout une conséquence directe sur le gameplay. Lawn Mowing Simulator 2 fonctionne énormément sur la satisfaction visuelle du travail accompli. Le plaisir ne vient donc pas seulement du pourcentage indiquant que 70, 80 ou 95 % d’un contrat est terminé. Il suffit de tourner la caméra pour constater concrètement la différence entre la zone sur laquelle on vient de travailler et celle qui reste à traiter. On commence par faire le tour de la propriété, puis on cherche progressivement la méthode la plus efficace pour couvrir l’espace sans multiplier les passages inutiles. Très vite, on se surprend même à vouloir obtenir de belles lignes régulières alors que le jeu ne nous oblige pas systématiquement à atteindre ce degré de perfection.

Les machines occupent naturellement une place essentielle. Lawn Mowing Simulator 2 bénéficie notamment de licences officielles Kubota, SCAG et STIGA, avec plusieurs catégories d’équipements adaptées à la taille et à la configuration des terrains. Conduire une grosse tondeuse autoportée sur une vaste parcelle n’a évidemment rien à voir avec le travail demandé dans un petit jardin encombré d’obstacles. La largeur de coupe, la maniabilité ou simplement l’espace disponible modifient la manière d’aborder les contrats. Le jeu conserve ainsi un petit aspect stratégique : avant même de commencer à couper, il faut observer le terrain, choisir son approche et réfléchir au parcours le plus efficace.

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La grande nouveauté de cet épisode réside cependant dans tout ce qui se passe en dehors de la tondeuse. Lawn Mowing Simulator 2 ne se contente plus de demander de réduire une pelouse à la bonne hauteur. Des coupe-bordures permettent désormais de travailler les endroits inaccessibles aux machines et le désherbage vient compléter certaines interventions. Mais ce sont surtout les feuilles qui changent sensiblement le rythme des contrats. Le souffleur permet de déplacer de grandes quantités de feuilles avant de les rassembler sur une bâche, puis d’évacuer les déchets. Un râteau permet également d’atteindre certains endroits plus difficiles. L’ensemble donne enfin l’impression d’effectuer une véritable prestation d’entretien extérieur plutôt que de simplement conduire une tondeuse jusqu’à ce qu’une jauge atteigne 100 %. Le comportement des feuilles est d’ailleurs suffisamment dynamique pour que leur rassemblement devienne une petite activité à part entière. Elles réagissent au souffle et ne se dirigent pas toujours exactement là où on le souhaiterait. Le système demande donc un minimum d’apprentissage avant de réussir à former efficacement un tas et à l’amener vers la zone de collecte. Cela peut parfois manquer de précision, mais parvenir enfin à nettoyer complètement une propriété procure exactement le type de satisfaction recherché par le jeu.

Le mode Carrière bénéficie lui aussi d’une refonte importante. L’entreprise n’existe plus uniquement à travers quelques menus : elle dispose désormais d’un véritable quartier général en 3D que l’on peut explorer. On y retrouve la gestion de son activité, de son matériel et de sa progression. La personnalisation du personnage a également été développée. Ces éléments restent relativement simples, mais ils renforcent le sentiment de construire progressivement son entreprise. Les contrats ne sont plus seulement une succession de niveaux indépendants. Ils permettent de gagner de l’argent, d’investir dans de nouveaux équipements et d’accéder à des travaux plus importants. Il ne faut cependant pas attendre un véritable jeu de gestion complexe. Lawn Mowing Simulator 2 reste avant tout une simulation de travail. Sa progression économique sert principalement à encadrer les contrats et à renouveler les machines disponibles. Le véritable moteur de l’expérience reste une boucle extrêmement simple : accepter une mission, préparer son équipement, rejoindre la propriété, effectuer les différentes tâches demandées puis recommencer sur un nouveau contrat.

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Et c’est précisément là que se trouve la principale limite du jeu. Même avec davantage de tâches et des environnements évolutifs, Lawn Mowing Simulator 2 demeure extrêmement répétitif. On passe parfois beaucoup de temps à effectuer des allers-retours similaires et certaines grandes surfaces demandent une patience considérable. Si l’idée de passer trente minutes à tracer méthodiquement des bandes parallèles dans une grande pelouse semble insupportable, les nouveautés de cette suite ne changeront probablement pas grand-chose. En revanche, dès lors que l’on adhère à cette logique, cette répétition participe directement au caractère relaxant de l’expérience. Une fois le parcours défini, on finit presque par fonctionner automatiquement, accompagné par le bruit du moteur et celui des lames. L’ambiance sonore participe beaucoup à cette sensation. Moteurs, lames, variations du régime mécanique et bruits produits par les outils constituent l’essentiel de l’environnement sonore. Associé à la transformation progressive du terrain, l’ensemble produit parfois une expérience proche de l’ASMR. On regarde les bandes d’herbe disparaître les unes après les autres, on entend la machine travailler et on se concentre presque exclusivement sur la régularité de son parcours.

Visuellement, l’ensemble est agréable sans être particulièrement spectaculaire. La végétation et surtout l’herbe profitent logiquement du plus gros travail. Les environnements américains apportent davantage de variété et les machines sous licence bénéficient d’une modélisation suffisamment détaillée pour renforcer le caractère simulation du titre. Les personnages, certaines textures secondaires ou quelques éléments de décor sont en revanche beaucoup moins impressionnants. Cela ne constitue pas réellement un problème puisque l’attention reste presque constamment portée sur le terrain et les machines, mais Lawn Mowing Simulator 2 n’a clairement pas vocation à constituer une démonstration technologique.

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La partie technique manque malheureusement encore de finition. Des comportements physiques imparfaits, quelques collisions étranges et différents problèmes peuvent apparaître. Skyhook Games a d’ailleurs rapidement publié un premier correctif intervenant notamment sur des problèmes de collision, la recherche des dernières feuilles et la génération des contrats. Sur console, et notamment sur PS5, les performances peuvent également manquer de propreté, avec des problèmes de fluidité et de tearing. Rien de tout cela ne remet fondamentalement en cause l’expérience, mais l’ensemble aurait mérité davantage de polissage. La maniabilité demande elle aussi un temps d’adaptation. Les tondeuses peuvent sembler particulièrement sensibles lorsqu’il faut effectuer de petites corrections de trajectoire et les outils utilisés à pied n’offrent pas toujours la même sensation de précision que la conduite. C’est surtout perceptible lorsque l’on cherche à atteindre les derniers pourcents d’un objectif et qu’une petite zone oubliée oblige à inspecter méthodiquement le terrain. Les améliorations apportées au système ProView facilitent heureusement la recherche des derniers éléments à traiter, notamment pour les feuilles.

L’absence de multijoueur constitue également une limite assez évidente. Lawn Mowing Simulator 2 reste une expérience exclusivement solo. C’est cohérent avec son approche calme et solitaire, mais la possibilité de gérer une entreprise ou de s’attaquer à de grandes propriétés à plusieurs aurait naturellement trouvé sa place dans cette suite. Certaines grandes missions donnent précisément envie de partager le travail entre plusieurs machines et plusieurs joueurs.

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Lawn Mowing Simulator 2 remplit malgré tout correctement son objectif principal : rendre virtuellement gratifiante une activité qui, dans la vie quotidienne, ressemble surtout à une corvée. La nouvelle technologie d’herbe rend la transformation des terrains beaucoup plus visible, les outils supplémentaires apportent une diversité bienvenue et le soufflage des feuilles complète intelligemment les contrats. Les propriétés qui évoluent au fil des visites limitent également l’impression de parcourir constamment les mêmes niveaux, tandis que le nouveau quartier général donne davantage de consistance à la progression de l’entreprise. Le jeu reste lent, répétitif et méthodique, et c’est précisément sur cette proposition qu’il faudra décider si l’expérience est faite pour soi. Son intérêt repose sur la recherche d’efficacité, la satisfaction d’un travail terminé proprement et cette étrange envie de supprimer les quelques mètres carrés d’herbe encore trop haute alors que le contrat pourrait presque déjà être considéré comme terminé.

Les soucis techniques, certaines approximations physiques et une maniabilité qui peut encore manquer de finesse empêchent néanmoins l’expérience d’exprimer pleinement tout son potentiel. Le contenu et les systèmes sont plus ambitieux que ceux du premier épisode, et cette ambition supplémentaire aurait mérité une phase de finition plus poussée. Mais lorsqu’on entre dans son rythme, que l’on trace méthodiquement ses lignes et que l’on observe derrière soi une propriété passée d’un petit chaos végétal à une pelouse impeccable, Lawn Mowing Simulator 2 parvient à produire exactement la sensation qu’il recherche : celle, toute simple mais étonnamment efficace, du travail bien fait.

 



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