[Test] Everspace 2 Nintendo Switch 2 Edition
Un vaisseau, quelques contrats et l’espoir de gagner assez pour partir ailleurs : Everspace 2 commence avec une ambition modeste, mais son univers voit grand. Sorti en 2023, le jeu de Rockfish Games arrive sur Switch 2 dans une Galactic Edition qui rassemble l’aventure et ses extensions. Pour le studio allemand, cette suite avait déjà marqué un changement important. Le premier Everspace, paru en 2017, reposait sur des expéditions à recommencer après chaque mort. Le deuxième adopte une progression continue, avec une histoire à suivre et un appareil à améliorer durablement. Une orientation qui donne davantage de place à l’exploration.
Disponible depuis le 12 août 2026, cette édition comprend Titans, Wrath of the Ancients et les éléments cosmétiques du Supporter Pack. Il s’agit bien d’une sortie sur Switch 2. L’ensemble permet d’aborder directement un jeu enrichi au fil des années, sans devoir choisir ses extensions séparément. Sur le papier, la formule convient à une console portable : quelques combats ou une mission annexe peuvent occuper une courte séance, tandis que la campagne invite à s’installer plus longtemps. Encore faut-il que les commandes et l’interface suivent. C’est précisément sur ces points que cette adaptation appelle quelques réserves.
On incarne Adam Roslin, un clone qui tente d’échapper à ceux qui le poursuivent. Son refuge, le Cluster 34, est une région marquée par la guerre entre les humains et les Okkar. Compagnies, hors-la-loi et puissances militaires s’y disputent leur place, pendant qu’Adam cherche surtout une issue. Je suis assez sensible à ce point de départ : avant de prendre part à un conflit plus vaste, le héros voudrait simplement disposer de sa propre vie. Le cadre possède de quoi nourrir une aventure de qualité.
La narration accompagne surtout les déplacements et les rencontres. Elle donne une raison de changer de système, de rendre service ou de prendre des risques, sans devenir le principal attrait du jeu. Les cinématiques illustrées lui apportent une personnalité que je trouve bienvenue, malgré une animation limitée. L’histoire divise davantage, dans le même temps, on apprécie les questions d’identité liées au clonage, tandis que l’on peut trouver les personnages peu attachants. J’en retiens une aventure de science-fiction accessible, dont il vaut mieux attendre un cadre plaisant qu’un récit particulièrement subtil.
Pour comprendre l’inspiration du jeu, il faut regarder du côté de Freelancer pour le voyage spatial, de Chorus pour l’action et de Diablo pour la recherche d’équipement. Everspace 2 est une aventure solo entièrement centrée sur le vaisseau : on ne descend pas se promener dans les stations. Cette limite ne me gêne pas en elle-même. Elle laisse au pilotage, aux combats et à la préparation de l’appareil toute la place nécessaire. En revanche, ceux qui cherchent uniquement un jeu de tir immédiat doivent savoir que la gestion compte beaucoup. Entre deux affrontements, il faut aussi comparer, remplacer et améliorer ses pièces.
Les combats exploitent une liberté de mouvement plus grande que la simple poursuite d’un adversaire. Le vaisseau peut reculer, monter ou se décaler tout en gardant une cible en ligne de mire. Finalement, en mode nomade ça se fait bien. Même quand on a des petites mains comme moi… (NDLR : pas toujours facile d’atteindre tous les boutons en même temps…). Les capacités spéciales élargissent encore les possibilités : une impulsion électromagnétique peut aider à reprendre le dessus, une accélération à quitter une mauvaise position. L’intérêt vient de cette combinaison entre déplacement, choix des armes et usage des compétences. Les affrontements sont donc le cœur du jeu, et la meilleure raison de multiplier les détours lorsqu’un signal inconnu apparaît sur la route.
La progression ne se résume pas à remplacer un canon par un autre plus puissant. Il faut tenir compte des dégâts énergétiques et cinétiques, des protections ennemies et des particularités de son appareil. Le Vindicator, par exemple, emploie des drones pour combattre. Les différents vaisseaux permettent ainsi de modifier son approche, pas seulement son apparence. Voilà le versant du jeu de rôle qui me convainc le plus : un nouvel équipement a davantage d’intérêt lorsqu’il change la façon d’aborder une bataille. La contrepartie à tout ça, eh bien c’est le temps passé dans les menus, qui peut couper l’élan de ceux qui préfèrent l’action à la préparation.
L’exploration demande elle aussi de maîtriser son vaisseau. Une épave devient un espace à fouiller, un passage étroit impose de ralentir, un mécanisme réclame une source d’énergie. Ces séquences donnent aux décors une utilité qui dépasse leur beauté. J’aime l’idée de devoir observer un lieu avant de comprendre comment y avancer. Leur réussite dépend toutefois de leur clarté : chercher une solution n’a rien à voir avec chercher ce que le jeu attend de nous. Les énigmes sont d’ailleurs l’un des points les plus discutables, je les ai certes appréciées, mais je les ai aussi jugées un peu trop répétitives et moins stimulantes avec le temps…
Le rythme souffre aussi des déplacements. Certains trajets offrent peu d’événements, et les missions finissent parfois par reprendre les mêmes objectifs. Le découpage du monde en zones entraîne en outre des chargements réguliers. Ce ne sont pas nécessairement de longues attentes, mais leur accumulation peut peser sur une succession de petites tâches. C’est le défaut qui me semble le plus difficile à faire oublier sur la Nintendo Switch 2. Un univers immense peut donner envie de partir à l’aventure ; il doit encore rendre ses allers-retours intéressants. L’abondance de destinations ne suffit pas, à elle seule, à entretenir le sentiment de découverte.
La direction artistique dispose heureusement de solides arguments. Champs de débris, installations industrielles et paysages planétaires donnent à l’exploration des visages variés. Les lumières et les différences d’échelle contribuent à rendre ces lieux impressionnants, sans que tout repose sur la taille des environnements. Je suis plus convaincue par cette attention aux paysages que par la seule promesse d’une grande carte. Une épave ou une station peuvent suggérer une histoire avant même qu’un dialogue ne l’explique. Sur ce terrain, les critiques sont très largement positives, y compris celles qui se montrent réservées sur le scénario ou la répétition des missions.
L’interface mérite également quelques mots… En mode nomade… c’est parfois illisible… Ce constat ne suffit pas à condamner le mode portable, mais il rappelle une difficulté concrète : dans un jeu où l’on consulte souvent des statistiques, lire les informations fait partie du confort général. Une bataille peut être visuellement spectaculaire tout en devenant confuse sous les icônes. Je trouve dommage qu’une aventure aussi attachée à ses paysages puisse les encombrer ainsi. La richesse des réglages et des équipements gagne à être accompagnée d’une présentation claire.
Les musiques électroniques participent à l’atmosphère. La musique occupe une place importante pendant les traversées, lorsque l’action se calme. Sur le plan technique, j’ai eu quelques saturations ponctuelles mais aucun plantage majeur.
La campagne initiale occupe environ trente à quarante heures selon le rythme adopté. Les activités annexes et les extensions prolongent largement ce programme. La difficulté dépend notamment de l’équipement : certains critiques décrivent une progression naturelle, d’autres estiment nécessaire de passer davantage par les missions secondaires. L’envie de continuer dépendra donc surtout du plaisir pris à perfectionner son appareil. Je vois là une durée de vie généreuse, mais qui demande d’aimer les mécaniques du jeu autant que son univers.
Les extensions renforcent l’intérêt de cette édition sans transformer la formule. Titans ajoute ses défis autour du Dreadnought et du Leviathan ; Wrath of the Ancients poursuit l’histoire, ouvre quatre systèmes et introduit le Wraith. Au prix européen de lancement de 49,99 euros, l’ensemble reste une proposition solide pour découvrir le jeu. La quantité est là ; la valeur dépendra davantage de l’attrait pour les combats et le butin que du nombre d’heures promis.
Je recommande surtout Everspace 2 à ceux qui aiment préparer leur vaisseau, essayer une nouvelle arme et s’écarter d’une mission pour explorer une épave. Son identité tient à ces plaisirs simples, développés avec soin dans un univers souvent superbe.
Article rédigé par Mlle_Krikri
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