Prise en main du Smart Board 1150 de Cherry

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Prise en main du Smart Board 1150 de Cherry

Après nous être intéressés au Smart Terminal ST-1150, CHERRY nous propose de découvrir son proche cousin, le Smart Board 1150. Les deux appareils ont été présentés simultanément et partagent une grande partie de leur électronique, mais le principe est ici sensiblement différent. Plutôt que de proposer un petit lecteur de cartes à puce indépendant à installer à côté du clavier, CHERRY a tout simplement intégré celui-ci directement dans un clavier complet.

Le Smart Board 1150 succède ainsi au KC 1000 SC, tandis que le ST-1150 remplace le ST-1144. Il ne s'agit toutefois pas simplement de deux anciens périphériques légèrement remis au goût du jour. CHERRY inaugure avec cette génération une nouvelle plateforme électronique développée en interne et surtout un firmware pouvant désormais être mis à jour après le déploiement. Une évolution invisible lorsque l'on pose le clavier sur son bureau, mais probablement beaucoup plus importante à long terme qu'un changement radical de design.

Et du changement esthétique, il n'y en a justement pas énormément. Le Smart Board 1150 reste un clavier professionnel à l'apparence extrêmement conventionnelle. Avec ses 458 mm de largeur, 188 mm de profondeur et 46 mm de hauteur, il occupe à peu près l'espace attendu d'un clavier complet. Son format 100 % permet de conserver le pavé numérique ainsi que toutes les touches traditionnelles sans avoir recours à des combinaisons particulières.

CHERRY annonce 105 touches auxquelles viennent s'ajouter quatre commandes supplémentaires, avec notamment l'apparition d'une touche Copilot. Un ajout assez surprenant sur un clavier dont le principal argument concerne justement les environnements manipulant des données sensibles. Sa présence répond surtout à l'évolution récente des claviers Windows et son utilité dépendra évidemment de la configuration retenue par l'entreprise. Dans une infrastructure où Copilot est désactivé, elle restera simplement une touche dont l'intérêt est nettement plus limité.

La construction est autrement beaucoup plus intéressante. CHERRY a intégré une plaque métallique à l'intérieur du clavier, ce qui apporte de la rigidité à l'ensemble tout en lui permettant de rester correctement en place sur un bureau. Cette stabilité prend encore davantage de sens avec le lecteur de cartes à puce puisque l'on doit pouvoir insérer et retirer régulièrement une carte sans déplacer le clavier.

C'était déjà l'un des petits détails intelligents du ST-1150. Son boîtier de seulement 75 × 50 × 55 mm profite d'une base métallique lestée permettant de manipuler une carte d'une seule main sans embarquer le terminal avec elle. Sur le Smart Board 1150, le problème est naturellement beaucoup plus simple à résoudre : le lecteur fait partie d'un clavier complet. L'insertion et le retrait d'une carte ne suffisent donc pas à faire bouger l'ensemble.

Le lecteur lui-même prend place sur la partie supérieure du clavier, légèrement surélevé par rapport aux touches. Son intégration est suffisamment discrète pour ne pas transformer le Smart Board 1150 en périphérique particulièrement exotique. Lorsque aucune carte n'est insérée, on pourrait presque oublier sa présence.

Prise en main du Smart Board 1150 de Cherry

Comme sur le ST-1150, ce lecteur est destiné aux cartes à puce à contacts répondant à la norme ISO 7816. Il prend en charge les protocoles T=0 et T=1 et fonctionne dans un environnement PC/SC. Nous avions détaillé plus largement le fonctionnement et l'intérêt de ces cartes lors de notre prise en main du ST-1150 : retenons simplement ici qu'elles peuvent notamment intervenir dans l'authentification d'un utilisateur, la signature électronique, le chiffrement ou le contrôle d'accès lorsqu'elles sont associées à l'infrastructure logicielle appropriée.

Le Smart Board 1150 ne sécurise donc évidemment pas à lui seul un ordinateur. Comme avec le ST-1150, le lecteur constitue l'interface physique entre la carte et le système. Les certificats, les mécanismes d'authentification et les droits restent gérés par la carte, le système d'exploitation et les logiciels de l'organisation.

La véritable différence entre les deux appareils est donc beaucoup plus pragmatique : faut-il intégrer le lecteur au clavier ou conserver deux périphériques indépendants ?

Dans le premier cas, le Smart Board 1150 possède un avantage assez évident. Il suffit de connecter un seul clavier au poste et le lecteur reste constamment accessible. Aucun petit boîtier supplémentaire ne traîne à proximité et il n'est pas nécessaire de lui trouver une place sur un bureau déjà encombré. Pour une administration, un établissement de santé ou une entreprise qui équipe de nouveaux postes utilisant quotidiennement une carte professionnelle, la solution est particulièrement logique.

Le ST-1150 conserve toutefois un avantage important : sa modularité. Si le poste possède déjà un bon clavier, il n'existe aucune raison de remplacer celui-ci uniquement pour ajouter un lecteur de cartes. Le terminal indépendant peut être installé à côté et éventuellement remplacé sans toucher au reste du matériel. Il peut également être positionné à gauche ou à droite en fonction des habitudes de l'utilisateur, alors que le lecteur du Smart Board reste naturellement à un emplacement fixe.

Les deux approches répondent donc davantage à deux situations différentes qu'à une véritable concurrence interne.

Pour le reste, les ressemblances entre les deux produits sont nombreuses. Le Smart Board 1150 profite lui aussi du standard CCID et ne nécessite donc pas de pilote CHERRY propriétaire pour assurer son fonctionnement de base. Windows peut s'appuyer sur son pilote CCID natif, tandis que Linux et macOS peuvent utiliser pcsc-lite. Pour les responsables informatiques chargés de déployer des dizaines ou des centaines de postes, cette absence de dépendance à un pilote propriétaire constitue probablement l'une des caractéristiques les plus intéressantes de cette génération.

Le branchement s'effectue toujours en USB-A, un choix qui pourra sembler légèrement anachronique en 2026. Nous faisions déjà le même constat avec le ST-1150. Sur un ordinateur portable récent ne disposant que d'USB-C, il faudra donc utiliser un adaptateur ou passer par une station d'accueil.

Prise en main du Smart Board 1150 de Cherry

Cette décision devient néanmoins beaucoup plus compréhensible lorsque l'on considère la clientèle visée. Le Smart Board 1150 n'est pas réellement conçu pour accompagner un ultraportable grand public que l'on renouvelle tous les deux ou trois ans. Les administrations, hôpitaux et grandes entreprises utilisent encore énormément de postes fixes et de stations d'accueil possédant des ports USB-A. Les cycles de renouvellement y sont également beaucoup plus longs. CHERRY privilégie donc ici la compatibilité avec le parc déjà installé plutôt que la connectique la plus récente.

La partie clavier est elle aussi très traditionnelle. Il ne faut pas s'attendre aux sensations d'un clavier mécanique équipé de MX2A ou d'un modèle gaming de la gamme XTRFY. Le Smart Board 1150 utilise une conception bureautique beaucoup plus classique et des touches en ABS, sans rétroéclairage. Deux pieds permettent toutefois de modifier son inclinaison.

Cette simplicité est cohérente avec sa destination. Un clavier installé sur le poste d'accueil d'un établissement médical ou sur le bureau d'un agent administratif n'a pas besoin d'un éclairage RGB, d'un écran ou de switches interchangeables. Il doit surtout proposer une disposition familière, un pavé numérique et être suffisamment confortable pour saisir du texte ou des données pendant plusieurs heures.

CHERRY ne cherche d'ailleurs pas à réinventer son ancien KC 1000 SC sur cet aspect. Le constructeur conserve une formule connue et concentre principalement ses efforts sur ce qui se trouve derrière le lecteur de cartes. Le changement de génération est ainsi beaucoup plus technologique qu'ergonomique.

Le point essentiel concerne la nouvelle électronique développée directement par CHERRY. Comme sur le ST-1150, le contrôleur possède désormais une mémoire flash permettant de mettre à jour le firmware après l'installation du périphérique.

Pour un clavier traditionnel, la possibilité de mettre à jour le firmware pourrait presque sembler secondaire. Elle devient nettement plus intéressante dès lors qu'un lecteur de cartes à puce est intégré. Ce type de matériel peut rester déployé pendant de nombreuses années alors que les systèmes d'exploitation, les contraintes réglementaires et les exigences de sécurité continuent d'évoluer.

CHERRY pourra ainsi théoriquement corriger certains problèmes ou faire évoluer sa plateforme sans imposer le remplacement physique des claviers. L'intérêt réel de cette fonction dépendra naturellement du suivi assuré par le constructeur : le fait qu'un firmware puisse être actualisé ne garantit pas que des mises à jour seront effectivement proposées pendant dix ans. La possibilité technique est néanmoins désormais présente.

Le Smart Board 1150 est par ailleurs disponible dans une déclinaison répondant aux exigences du Trade Agreements Act américain (TAA). Cette caractéristique vise essentiellement certains marchés publics et organisations soumises à des contraintes précises d'approvisionnement. Pour une petite entreprise française ou un particulier, elle ne changera pratiquement rien à l'utilisation quotidienne du clavier.

Prise en main du Smart Board 1150 de Cherry

Il existe d'ailleurs une petite différence intéressante avec le ST-1150 sur ce terrain. Le terminal autonome met plus directement en avant les conformités TAA et FIPS-201 ainsi qu'une fabrication entièrement européenne. CHERRY distingue davantage les variantes sur le Smart Board 1150. Les deux appareils partagent donc leur nouvelle plateforme, mais ne doivent pas être considérés comme strictement identiques sur toutes leurs certifications et conditions de fabrication.

Reste finalement la question du prix, et c'est probablement là que la comparaison devient la plus intéressante. Le Smart Board 1150 est commercialisé à partir de 49,99 euros, tandis que le ST-1150 est annoncé à 34,99 euros.

Seulement quinze euros séparent donc le lecteur autonome du clavier complet avec lecteur intégré. Pris isolément, le Smart Board 1150 apparaît ainsi plutôt bien positionné. Pour une organisation devant équiper de nouveaux postes, ce supplément permet d'obtenir directement le clavier, son pavé numérique et le lecteur au sein d'un unique périphérique, tout en simplifiant le câblage et en réduisant le nombre d'appareils présents sur le bureau.

Cette proximité permet surtout de mieux comprendre la stratégie adoptée par CHERRY. Le constructeur ne propose pas simplement deux lecteurs de cartes à puce différents. Il décline une même nouvelle plateforme sous deux formes afin de répondre à deux méthodes de déploiement. Dans les deux cas, on retrouve CCID, la compatibilité PC/SC, le fonctionnement sous Windows, Linux et macOS ainsi que le firmware actualisable. Le choix porte essentiellement sur l'intégration physique.

Il reste toutefois difficile de juger certains éléments avec le recul nécessaire. Le Smart Board 1150 vient d'arriver sur le marché et sa fiabilité après plusieurs années d'utilisation reste évidemment inconnue. La compatibilité annoncée avec les principaux systèmes d'exploitation ne remplace pas non plus des essais à grande échelle avec différentes cartes, applications et infrastructures professionnelles.

Le CHERRY Smart Board 1150 apparaît finalement comme une évolution particulièrement rationnelle du KC 1000 SC. Son apparence est conventionnelle et ses fonctions de clavier ne cherchent absolument pas à rivaliser avec les modèles haut de gamme ou gaming du constructeur. Toute sa valeur se trouve ailleurs : dans l'intégration d'un lecteur de cartes à puce standardisé, dans sa nouvelle électronique et dans la possibilité de faire évoluer son firmware.

À 49,99 euros, il se positionne également de manière assez agressive face au ST-1150 vendu seulement quinze euros de moins. Pour un nouveau poste nécessitant de toute façon un clavier, le Smart Board devient rapidement le choix le plus intéressant des deux. Le lecteur est parfaitement intégré, ne prend aucune place supplémentaire et profite naturellement de la stabilité du clavier pour permettre de manipuler la carte d'une seule main.

Le Smart Terminal ST-1150 conserve de son côté l'avantage de la modularité et permet d'ajouter un lecteur sans toucher au matériel déjà en place. Les deux produits apparaissent ainsi beaucoup plus complémentaires que concurrents et illustrent surtout la nouvelle base commune mise en place par CHERRY pour ses périphériques de sécurité.

Pour le Smart Board 1150 comme pour le ST-1150, c'est finalement cette évolution invisible qui constitue la véritable nouveauté.

 



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