[Test] Ereban : Shadow Legacy

#Tests jeux PS5

[Test] Ereban : Shadow Legacy

Ereban: Shadow Legacy est un jeu d’infiltration et de plateforme développé par le studio indépendant Baby Robot Games. Le titre propose une vision assez particulière du genre furtif, puisqu’il mélange des mécaniques classiques d’infiltration avec un système de déplacement entièrement basé sur les ombres. Cette idée constitue le cœur de l’expérience et définit pratiquement tout le gameplay. Dans Ereban: Shadow Legacy, le joueur incarne Ayana, la dernière descendante d’un peuple oublié capable de manipuler les ténèbres, qui s’infiltre dans les installations d’une corporation afin de découvrir la vérité sur ses origines et sur un monde en train de disparaître.

Dès les premières minutes, le jeu affiche clairement son ambition : proposer une infiltration dynamique, presque acrobatique, qui rompt avec l’approche lente et méthodique de nombreux titres du genre. Là où certains jeux de furtivité demandent une observation patiente et une progression prudente, Ereban: Shadow Legacy privilégie un style plus fluide et plus mobile. Cette philosophie se ressent immédiatement dans la manière dont Ayana se déplace et interagit avec l’environnement.

L’élément central du gameplay est la capacité appelée Shadow Merge, qui permet littéralement de fusionner avec les ombres. En utilisant ce pouvoir, Ayana peut plonger dans les zones sombres du décor et s’y déplacer comme si elle nageait à l’intérieur d’une surface noire. Ce système permet de glisser le long des murs, de traverser certaines structures ou encore d’éviter les ennemis en passant directement sous leurs pieds. Tant que la lumière ne touche pas l’ombre utilisée, la protagoniste reste totalement indétectable.

[Test] Ereban : Shadow Legacy

Cette mécanique transforme radicalement la façon d’aborder les niveaux. Les ombres ne sont plus simplement des zones où se cacher, elles deviennent des routes à part entière. Le joueur observe constamment l’environnement à la recherche de silhouettes sombres qui serviront de passages secrets. Une ombre projetée par une structure métallique, un panneau ou même un objet en mouvement peut devenir un chemin permettant de franchir un obstacle. Dans certains cas, il faut manipuler l’environnement pour créer ces opportunités, par exemple en déplaçant un élément afin de générer une nouvelle zone d’ombre exploitable.

Cette approche donne naissance à une infiltration très verticale. Les niveaux sont souvent construits avec plusieurs étages, des plateformes, des structures industrielles ou des falaises qui offrent différentes trajectoires. En se déplaçant d’ombre en ombre, Ayana peut contourner un groupe d’ennemis sans jamais mettre le pied au sol, ou apparaître derrière une patrouille pour une élimination discrète. Cette liberté de mouvement est probablement l’aspect le plus marquant du jeu, car elle rend la progression particulièrement fluide et créative.

Cependant, Ereban: Shadow Legacy n’est pas uniquement un jeu d’infiltration. Il emprunte également beaucoup au genre du jeu de plateforme. De nombreux passages demandent de réfléchir à la manière d’enchaîner les déplacements entre différentes ombres, parfois en tenant compte d’éléments mobiles comme des pales de moulin ou des drones qui projettent des silhouettes mouvantes. Dans ces moments-là, le jeu devient presque un puzzle basé sur le timing et l’observation, où il faut anticiper la trajectoire des ombres pour rester caché tout en progressant.

[Test] Ereban : Shadow Legacy

Le gameplay propose également un ensemble de gadgets et de pouvoirs supplémentaires. Au fil de l’aventure, Ayana peut débloquer différentes capacités permettant d’étourdir des ennemis, de dissimuler des corps ou d’obtenir des informations sur l’environnement. Ces outils offrent plusieurs approches possibles pour chaque situation. Certains joueurs préféreront adopter un style totalement pacifiste en évitant les gardes, tandis que d’autres choisiront d’éliminer leurs cibles pour sécuriser leur progression.

Le jeu introduit d’ailleurs un système moral lié à ces choix. Tuer certains ennemis, notamment les humains, influence la moralité d’Ayana et peut modifier la manière dont l’histoire se conclut. Cette idée renforce la dimension narrative du jeu et pousse le joueur à réfléchir aux conséquences de ses actions. Selon la manière dont les missions sont abordées, différentes fins peuvent être obtenues, ce qui encourage une certaine rejouabilité.

Sur le plan narratif, Ereban: Shadow Legacy se déroule dans un univers de science-fiction sombre dominé par une organisation industrielle appelée Helios. Le monde semble avoir été exploité jusqu’à l’épuisement de ses ressources, laissant derrière lui des villes abandonnées, des paysages désertiques et d’immenses complexes industriels. L’histoire suit Ayana dans sa quête pour comprendre le passé de son peuple et le rôle que cette corporation joue dans la disparition de son monde.

[Test] Ereban : Shadow Legacy

La narration se développe progressivement à travers des cinématiques, des dialogues et des éléments de narration environnementale. Les lieux traversés racontent souvent leur propre histoire : bâtiments désertés, machines gigantesques ou installations abandonnées témoignent d’un univers autrefois prospère mais désormais en déclin. Cette atmosphère contribue fortement à l’identité du jeu et renforce la sensation d’explorer un monde mystérieux et oppressant.

Visuellement, le titre adopte une direction artistique en cell-shading, ce qui lui donne un style graphique très contrasté. Les environnements jouent constamment sur l’opposition entre lumière et obscurité, ce qui correspond parfaitement à la mécanique principale du gameplay. La lumière devient une menace permanente, car elle peut révéler la position d’Ayana et la forcer à sortir de sa cachette. À l’inverse, les ombres représentent un refuge et un moyen de déplacement sûr. Cette inversion des codes habituels est particulièrement efficace pour créer une tension visuelle et ludique.

La bande-son accompagne efficacement cette ambiance. La musique mélange des sonorités électroniques discrètes et des ambiances plus atmosphériques, ce qui renforce l’impression d’infiltration silencieuse. Lors des moments plus intenses, le rythme s’accélère et donne une sensation d’urgence, notamment dans les séquences où le joueur doit traverser rapidement une zone dangereuse.

[Test] Ereban : Shadow Legacy

Malgré ses idées originales, Ereban: Shadow Legacy n’est pas totalement exempt de défauts. L’un des principaux problèmes vient de l’équilibrage de l’infiltration. La capacité principale d’Ayana est si puissante qu’elle permet souvent de contourner les obstacles sans véritable difficulté. Une fois que l’on maîtrise le déplacement dans les ombres, de nombreuses situations deviennent relativement simples à résoudre. Les ennemis suivent généralement des patrouilles prévisibles, ce qui réduit la pression et la tension qui caractérisent normalement les jeux d’infiltration.

Cette facilité a une conséquence inattendue : certains gadgets ou améliorations deviennent presque facultatifs. Le joueur peut terminer une grande partie du jeu en utilisant principalement la capacité de base et quelques outils simples. Cela donne parfois l’impression que certaines mécaniques supplémentaires ne sont pas pleinement exploitées.

En revanche, la conception des niveaux se révèle souvent très réussie. Les environnements offrent plusieurs chemins possibles et encouragent l’expérimentation. Il est possible de traverser une zone en se faufilant silencieusement, en éliminant méthodiquement les ennemis ou en utilisant les hauteurs pour éviter toute confrontation. Cette liberté contribue à rendre chaque mission intéressante, même si la difficulté reste modérée.

La durée de vie se situe dans une fourchette raisonnable pour un jeu indépendant. La campagne se compose de plusieurs chapitres répartis dans différents lieux, et chaque niveau peut être rejoué pour améliorer son score ou tester une approche différente. Les classements de fin de mission encouragent à optimiser ses déplacements et à terminer les objectifs avec plus de discrétion.

[Test] Ereban : Shadow Legacy

Au final, Ereban: Shadow Legacy est un jeu qui repose presque entièrement sur la force de son concept principal. L’idée de se déplacer à travers les ombres est brillante et donne lieu à des situations très originales, mêlant infiltration, plateforme et réflexion. Lorsque les niveaux exploitent pleinement cette mécanique, l’expérience devient particulièrement satisfaisante et propose un style de jeu que l’on voit rarement dans le genre.

Même si certains aspects auraient mérité un équilibre plus exigeant ou une exploitation plus poussée des systèmes secondaires, le jeu parvient malgré tout à offrir une aventure singulière. Grâce à sa direction artistique marquée, son univers sombre et sa mécanique centrale inventive, Ereban: Shadow Legacy réussit à se distinguer dans le paysage des jeux d’infiltration modernes. C’est un titre qui démontre qu’une idée de gameplay forte peut suffire à créer une identité unique, même avec des moyens modestes.

 



Commenter cet article