[Test] Bellwright
Lorsque j’ai découvert Bellwright, j’ai été séduite par à cette fusion de survie, gestion, construction de village et RPG médiéval en monde ouvert. Un terrain pourtant déjà largement occupé par des titres comme Medieval Dynasty, Mount & Blade II: Bannerlord ou encore Kingdom Come: Deliverance. Mais, Bellwright possède une ambition particulière : faire du joueur à la fois un survivant, un bâtisseur, un chef militaire et le meneur d’une rébellion.
Le jeu est arrivé sur PS5 le 9 juin 2026 après plus de deux années passées en accès anticipé sur PC. La version console intègre l’essentiel des mises à jour majeures publiées depuis 2024, y compris de nouvelles régions, des systèmes de factions et des améliorations de contenu.
L’histoire débute de façon classique. Accusé à tort du meurtre d’un prince, le protagoniste revient sur ses terres pour découvrir la vérité et organiser une révolte contre une couronne oppressive. Le scénario n’a rien de révolutionnaire, mais il sert de prétexte solide à une progression qui mêle exploration, diplomatie et conquête territoriale. À mesure que l’on libère des villages et que l’on gagne des partisans, l’impression de participer à la reconstruction progressive d’un royaume devient particulièrement convaincante.
Là où Bellwright se distingue de certain de ses concurrents, c’est dans sa volonté d’automatiser progressivement les tâches du joueur. Au départ, je coupe du bois, récolte des ressources et fabrique mes outils à la main. Puis arrivent les premiers habitants recrutés. Peu à peu, ces derniers prennent en charge l’exploitation forestière, la production alimentaire ou encore l’artisanat. Cette montée en puissance procure un sentiment de progression particulièrement satisfaisant. J’ai souvent eu l’impression de voir mon petit campement évoluer vers une véritable communauté vivante.
Le gameplay repose sur plusieurs couches qui s’imbriquent les unes dans les autres. Il faut survivre, construire, recruter, développer des technologies, équiper ses troupes puis mener des batailles. Sur le papier, cela peut sembler ambitieux. Dans les faits, le jeu réussit à rendre l’ensemble cohérent. La gestion des habitants est suffisamment détaillée pour être intéressante sans atteindre la complexité d’un véritable city-builder.
Les combats constituent probablement l’aspect le plus contrasté de l’expérience. Le système directionnel rappelle certains mécanismes popularisés par Bannerlord. Les affrontements demandent du placement, de la lecture des attaques adverses et une certaine maîtrise du timing. J’ai apprécié cette volonté de proposer autre chose qu’un simple hack'n slash. En revanche, les animations manquent parfois de fluidité et les impacts n’offrent pas toujours le retour visuel attendu. Certaines batailles donnent une impression de lourdeur qui peut frustrer.
Le level design s’appuie sur une vaste carte médiévale composée de villages, de forêts, de plaines et de routes commerciales. L’exploration fonctionne bien grâce à une progression organique. Chaque nouvelle région débloque des ressources ou des opportunités inédites. J’ai particulièrement aimé cette sensation de découvrir progressivement un territoire vivant plutôt qu’une simple succession de points d’intérêt qui n’en auraient aucun… si ce n’est débloquer un trophée.
Visuellement, Bellwright présente un aspect assez paradoxal. Certains paysages sont remarquablement réussis, notamment les campagnes baignées de lumière et les villages en pleine expansion. La direction artistique privilégie le réalisme rustique plutôt qu’un spectaculaire outrancier. Cela fonctionne très bien pour renforcer l’immersion. En revanche, la réalisation technique reste celle d’un projet indépendant (mais ambitieux) plutôt que celle d’une production AAA. Il y a quand même pas mal de phénomènes de ghosting, des traînées visuelles lors des mouvements de caméra ainsi que diverses maladresses techniques. Au début, je pensais que c'était lié mon écran mais non pas du tout… Les premiers correctifs ont commencé à être déployés mais certains problèmes demeurent encore présents.
Cette dimension un peu « brute » traverse d’ailleurs l’ensemble du jeu. Les menus manquent parfois de clarté, certains tutoriels expliquent insuffisamment certaines mécaniques et quelques éléments d'interface pourraient être plus intuitifs. Je me suis retrouvée à plusieurs reprises à chercher comment accomplir une tâche pourtant essentielle. Ce n’est jamais bloquant, mais cela rappelle constamment les origines indépendantes du projet.
L’ambiance générale constitue probablement l’une des plus belles réussites du titre. Bellwright ne cherche pas à impressionner par des effets spectaculaires permanents. Son univers repose davantage sur le rythme du quotidien. Voir les habitants travailler, transporter des ressources ou participer à la vie du village crée une forme d’attachement progressive à son territoire.
La bande sonore accompagne efficacement cette approche. Les musiques restent discrètes et laissent souvent la place aux sons du monde : le vent dans les arbres, les outils des artisans ou les bruits d’activité du village. J’ai apprécié cette retenue qui contribue à l’immersion plutôt qu’à la démonstration.
Concernant la durée de vie, Bellwright impressionne. La campagne principale peut facilement dépasser plusieurs dizaines d’heures, tandis que le développement complet d’une colonie demande un investissement bien plus important. Les joueurs les plus impliqués pourront dépasser la centaine d’heures sans difficulté. La richesse des systèmes de gestion et l’évolution constante de la colonie favorisent naturellement la rejouabilité.
La difficulté est relativement bien dosée. Les premières heures exigent patience et organisation, mais le jeu récompense les efforts par une montée en puissance tangible. Les joueurs attirés par les expériences de gestion et de progression à long terme y trouveront largement leur compte.
Au final, Bellwright est un jeu attachant. J’y ai trouvé cette capacité rare à me faire considérer chaque bâtiment construit, chaque recrue obtenue et chaque village libéré comme une véritable victoire personnelle. Malgré ses maladresses techniques et son ergonomie parfois rugueuse, il réussit à proposer quelque chose de singulier dans le paysage des jeux médiévaux. Si vous appréciez les expériences qui mélangent survie, gestion, RPG et stratégie, Bellwright mérite clairement votre attention sur PS5.
Article rédigé par Mlle_Krikri
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