[Test] Pragmata

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[Test] Pragmata

Pragmata est un jeu qui intrigue immédiatement, non pas parce qu’il révolutionne tout ce qu’il touche, mais parce qu’il tente sincèrement quelque chose de différent dans un paysage vidéoludique souvent formaté. Nouvelle licence de Capcom, il s’inscrit dans une science-fiction à la fois classique dans ses thématiques et audacieuse dans sa mise en scène, en nous propulsant sur une base lunaire désertée où l’humanité semble avoir laissé derrière elle ses propres dérives technologiques. Ce point de départ, volontairement mystérieux, donne le ton : Pragmata est moins un jeu spectaculaire qu’une expérience qui cherche à installer une ambiance et à faire naître une relation entre ses personnages.

Dès les premières minutes, ce qui frappe, c’est cette dualité constante entre le tangible et l’étrange. Le jeu nous met dans la peau de Hugh, un homme assez simple dans sa manière d’être, accompagné de Diana, une androïde à l’apparence enfantine. Leur relation est clairement le cœur du jeu, et elle fonctionne étonnamment bien. Sans jamais sombrer dans le pathos facile, Pragmata prend le temps de construire un lien crédible entre ces deux êtres que tout oppose. Diana n’est pas qu’un simple gadget narratif ou une assistante mécanique : elle est le moteur émotionnel de l’aventure. C’est à travers elle que le jeu explore ses thèmes principaux, notamment la notion d’humanité face à l’intelligence artificielle.

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Sur le plan narratif, le jeu adopte une structure assez classique, presque volontairement. Une base abandonnée, une intelligence artificielle devenue hostile, des fragments d’histoire disséminés dans l’environnement : rien de fondamentalement inédit. Pourtant, la manière dont Pragmata met en scène ces éléments lui permet de maintenir un certain intérêt. L’univers est cohérent, crédible dans ses règles internes, et surtout visuellement marquant. On passe d’environnements industriels froids à des zones presque irréelles, façonnées par une intelligence artificielle qui semble réinterpréter le monde selon ses propres logiques.

C’est toutefois dans son gameplay que Pragmata affirme le plus fortement son identité. À première vue, on pourrait croire à un simple jeu d’action à la troisième personne, avec des déplacements fluides, un jetpack pour esquiver et une panoplie d’armes classiques. Mais très rapidement, une mécanique centrale vient bouleverser cette impression : le hacking en temps réel. Concrètement, il ne suffit pas de tirer sur les ennemis pour les éliminer. Leur armure doit d’abord être neutralisée via un système de piratage, qui prend la forme de petits puzzles à résoudre en plein combat.

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Ce choix de design est à la fois la plus grande qualité du jeu et sa principale source de frustration. D’un côté, il apporte une vraie fraîcheur aux affrontements. Le joueur doit constamment jongler entre action et réflexion, gérer ses déplacements tout en traçant rapidement un chemin optimal dans une grille de hacking. Cela crée une tension intéressante, presque unique, où chaque combat devient un exercice de multitâche. De l’autre, cette même mécanique peut parfois alourdir le rythme. Lorsque les combats s’enchaînent, la répétition du schéma hack et tir peut donner une impression de redondance, surtout si le jeu ne renouvelle pas suffisamment ses situations.

Cette sensation est accentuée par une certaine inégalité dans la progression. Le début du jeu est particulièrement engageant, avec une montée en puissance bien maîtrisée et une découverte progressive des mécaniques. Mais au fil des heures, Pragmata montre quelques limites dans la variété de ses ennemis et de ses environnements. Certaines séquences donnent le sentiment de tourner légèrement en rond, comme si le jeu avait du mal à exploiter pleinement ses idées pourtant prometteuses.

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Malgré cela, il faut reconnaître que la prise en main reste très agréable. Les déplacements sont fluides, le système de couverture fonctionne bien, et l’utilisation du jetpack ajoute une dimension verticale appréciable. Le jeu réussit à trouver un équilibre entre accessibilité et exigence, notamment grâce à son système d’armes qui encourage l’adaptation plutôt que la routine. Certaines armes peuvent se dégrader ou nécessiter d’être remplacées, poussant le joueur à improviser en permanence.

Visuellement, Pragmata est sans doute l’un des points forts les plus évidents. La direction artistique mélange des influences réalistes, presque “NASApunk”, avec des touches plus oniriques liées à l’intelligence artificielle. Le résultat est souvent saisissant, avec des jeux de lumière et des environnements qui marquent durablement. Sur les configurations les plus puissantes, le travail sur l’éclairage renforce encore cette immersion, donnant parfois l’impression d’évoluer dans un film de science-fiction.

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L’ambiance sonore accompagne parfaitement cet aspect visuel. Les musiques savent se faire discrètes quand il le faut, laissant place à des moments de solitude pesante, puis s’intensifient lors des phases d’action. Les bruitages, notamment ceux liés aux machines et aux environnements, participent à créer un monde crédible et inquiétant. Tout concourt à renforcer cette sensation d’être isolé dans un lieu qui ne devrait plus fonctionner, mais qui continue malgré tout à exister.

En revanche, tout n’est pas irréprochable. L’interface, par exemple, peut parfois manquer de lisibilité. Entre les éléments liés au hacking, les informations de combat et les objectifs, l’écran peut devenir chargé, surtout dans les moments les plus intenses. Cela nuit légèrement à la clarté de l’action, même si l’on finit par s’y habituer.

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La durée de vie, quant à elle, est relativement contenue. L’aventure principale se termine en une dizaine d’heures environ, ce qui peut sembler court, mais le jeu propose quelques contenus supplémentaires pour prolonger l’expérience. Ce choix renforce le caractère concentré de l’aventure : Pragmata ne cherche pas à s’étirer artificiellement, mais cela peut aussi laisser un léger goût d’inachevé, comme si certaines idées auraient mérité d’être davantage développées.

Au final, Pragmata est un jeu profondément imparfait, mais aussi profondément attachant. Il ne réussit pas toujours à concrétiser toutes ses ambitions, et certaines de ses mécaniques peuvent devenir répétitives avec le temps. Pourtant, il dégage une personnalité rare. Son duo de personnages fonctionne, son système de combat est original, et son univers parvient à marquer les esprits. C'est un jeu qui avance avec ses propres idées, parfois maladroitement, mais toujours avec originalité. Et dans un secteur où les productions se ressemblent souvent, cette singularité suffit à le rendre mémorable.

 



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S
Oui, je suis du même avis, un jeu rafraichissant malgré son gout d'inachevé et qui pourrait accoucher d'une suite fabuleuse...davantage de contenu, moins prévisible dans son déroulement et un mode multi-joueusr qui pourrait être hyper addictif. Just do it Capcom !
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