[Test] Ys X : Proud Nordics
Ys X : Proud Nordics est, dans les faits, la version « définitive » de Ys X : Nordics : elle reprend l’aventure maritime d’Adol et de Karja et y greffe un ensemble d’améliorations de confort, des retouches techniques, et surtout un pan inédit de contenu scénarisé et de défis, intégré de manière à ne pas exiger de connaissances préalables de la série. L’ensemble se présente comme une porte d’entrée très lisible, tout en étant suffisamment dense pour satisfaire ceux qui aiment disséquer les systèmes de jeu. On sent une volonté claire : rendre le voyage plus fluide, donner plus de mordant au combat, et enrichir la progression sans dénaturer l’identité d’un Ys moderne, fondé sur le rythme, la nervosité, et la musique qui emporte tout.
Sur le plan du ton et de l’écriture, Proud Nordics capitalise sur la dynamique centrale entre Adol et Karja, qui structure autant le récit que le gameplay. Le concept de « Shield Siblings » n’est pas qu’un prétexte scénaristique : il sert de colonne vertébrale à la mise en scène des affrontements, à la façon dont le duo traverse le monde, et à la montée en puissance des personnages. Là où l’aventure d’origine pouvait parfois sembler avancer en alternant grands moments et segments plus utilitaires, cette édition cherche à mieux « remplir » l’entre-deux, en proposant davantage de matière narrative et d’activités significatives, notamment via une zone additionnelle pensée comme une extension naturelle du périple.
La grosse nouveauté de Proud Nordics, c’est l’ajout d’un arc scénarisé autour d’Öland Island, qui introduit de nouveaux visages et une intrigue greffée au fil principal sans donner l’impression d’un chapitre « hors-sol ». L’écriture de cet ajout a l’intelligence de ne pas casser la courbe dramatique : on peut l’aborder comme une respiration plus mystérieuse, qui étoffe le monde, précise certains enjeux, et met Karja face à des frictions plus personnelles. Canute et Astrid, les nouveaux compagnons liés à cette île, ne sont pas là pour faire de la figuration : ils servent de miroirs à la relation Adol/Karja et donnent un autre angle sur les codes, les serments et les loyautés qui irriguent l’univers.
Côté gameplay, l’âme de Ys X reste ce système de combat construit autour de deux états : le contrôle individuel et le « Duo Mode ». En pratique, cela change profondément la sensation par rapport aux épisodes récents orientés « party » : au lieu d’une équipe complète à permuter, tout repose sur un tandem et sur la lecture des menaces. Le Duo Mode n’est pas juste un mode « plus fort », c’est un mode « différent », avec ses propres compétences et une logique de tempo : on alterne mobilité et agressivité en solo, puis on bascule sur des réponses plus structurées, plus défensives ou punitives en duo, pour exploiter les ouvertures. C’est là que le jeu devient très satisfaisant : quand on comprend qu’il ne s’agit pas de rester collé en duo, mais de l’utiliser comme une boîte à outils pour gérer les pics de danger et accélérer le rythme des combats.
La version Proud Nordics met davantage l’accent sur le côté « propre » et exigeant de ces affrontements, en rendant certains leviers plus intéressants à activer au bon moment. On le ressent particulièrement sur les combats de boss : les attaques sont plus lisibles mais aussi plus punitives si l’on répond trop tard, et les secondes phases demandent de garder une vraie discipline, notamment quand il faut choisir entre sécuriser sa survie et pousser l’offensive. Le jeu récompense la maîtrise, pas seulement l’équipement, et il a ce talent Ys de transformer un duel en chorégraphie : l’instant où l’on enchaîne défense parfaite, bascule en duo, puis contre-offensive, donne cette sensation de « flow » que peu d’action-RPG maintiennent sur la durée.
La progression, elle, s’articule toujours autour de systèmes qui cherchent à personnaliser finement le duo. La « Release Line » fonctionne comme une carte de nœuds où l’on place des orbes pour obtenir des bonus, avec une logique de synergies de couleurs qui incite à construire des axes plutôt qu’à tout disperser. Ce n’est pas le système le plus ésotérique du genre, mais il a l’avantage d’être immédiatement lisible et de donner des objectifs concrets : optimiser un style plus agressif, renforcer la survie, ou équilibrer le tout. Ce qui est appréciable, c’est que la progression ne se résume pas à « plus de chiffres » : elle influence vraiment la manière de prendre des risques, surtout quand le jeu vous met sous pression avec des ennemis qui frappent fort et des fenêtres d’action courtes.
L’autre pilier de Ys X, c’est l’exploration en mer. On navigue, on repère des îles, on suit des points d’intérêt, et on alterne entre traversées et séquences à terre. Dans l’original, cet aspect pouvait donner une impression d’étirement si l’on était surtout venu pour le combat. Proud Nordics cherche précisément à réduire ces frottements : déplacements plus rapides, navigation moins laborieuse, et, globalement, un sentiment de « temps utile » mieux maîtrisé. L’idée n’est pas de supprimer la mer – elle fait partie de l’identité de l’épisode – mais d’éviter qu’elle devienne une couche de routine entre deux bons moments.
Le contenu inédit le plus « hardcore » est Muspelheim, un donjon pensé comme un défi à contraintes, avec pression du temps, pièges, adversaires redoutables, et une logique de performance. L’intérêt, au-delà du simple “plus dur”, c’est que ce mode valorise le système de combat dans ce qu’il a de plus riche : gestion du tempo, activation précise des capacités, et lecture des patterns. Le jeu prévoit même des moyens de moduler la sévérité via une ressource dédiée, ce qui est une bonne approche : on peut se frotter au challenge sans qu’il devienne un mur injuste, tout en gardant une vraie exigence pour ceux qui veulent la version la plus brutale du parcours.
Techniquement, Proud Nordics vise aussi à gommer l’aspect « conçu d’abord pour une machine plus modeste » que l’on pouvait ressentir par moments. Selon la plateforme, on bénéficie d’une image plus stable, d’un rendu plus propre, et de performances nettement plus confortables, avec des modes dédiés sur Switch 2 allant jusqu’à des fréquences d’affichage élevées. Surtout, cette fluidité sert directement le gameplay : dans un Ys, la précision d’un timing défensif et la lisibilité d’une attaque entrante sont des facteurs de plaisir immédiat, et l’amélioration de la réactivité renforce la sensation de contrôle.
Artistiquement, le jeu conserve son esthétique colorée et ses personnages très expressifs, dans la droite ligne des illustrations de la série. Les animations, en particulier en combat, sont essentielles à la sensation de dynamisme, et l’ensemble mise sur une clarté d’action plutôt que sur un réalisme lourd. La mise en scène profite aussi de ces instants très « Ys » où le jeu s’autorise une emphase spectaculaire lors de certaines réponses parfaites, ce qui nourrit la sensation d’héroïsme sans tomber dans le grandiloquent permanent.
Au final, Ys X : Proud Nordics est un action-RPG qui brille quand il embrasse pleinement ce qu’il fait de mieux : un duo central solide, un système de combat qui récompense l’intelligence d’exécution, et une boucle de progression suffisamment flexible pour soutenir des styles de jeu différents. Les ajouts ne sont pas décoratifs : l’arc d’Öland Island densifie le voyage et Muspelheim offre un terrain d’expression idéal à ceux qui veulent pousser la maîtrise. Et surtout, les ajustements de confort et de rythme rendent l’ensemble plus agréable à parcourir sur la durée, en limitant les temps morts. Si l’on devait résumer ce que propose cette édition, ce serait ceci : la même aventure, mais plus tendue quand il faut l’être, plus généreuse quand elle peut l’être, et globalement plus fluide dans la manière dont elle vous laisse profiter de ses meilleurs atouts.
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