[Test] Lia : Hacking Destiny

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[Test] Lia : Hacking Destiny

L’univers de Lia : Hacking Destinypose d’emblée un cadre très marqué : la Terre est devenue un monde post-apocalyptique dominé par les machines et par une entité corporatiste unique, MegaCorp. Cette entreprise a pris le contrôle de la planète, ravagé la nature et transformé la vie quotidienne en un flux continu de SPAM, de publicités et de systèmes automatisés absurdes. Les chats eux-mêmes sont exploités par l’algorithme, enfermés et utilisés comme matière première par la machine économique. Dans ce contexte, le joueur incarne Lia, hackeuse au style très marqué, qui rejoint la résistance humaine pour infiltrer des complexes industriels, pirater leurs systèmes et libérer ces animaux pris au piège. Le jeu adopte un ton volontairement décalé : la dystopie est sérieuse dans son principe, mais constamment détournée par l’humour, les slogans, les clins d’œil à la culture web et aux excès des algorithmes modernes. Cette combinaison fonctionne bien, parce qu’elle donne à l’ensemble une identité forte sans se perdre dans une narration pesante ou bavarde. Le scénario sert de fil rouge cohérent, mais laisse clairement la priorité à l’action et au gameplay.

Sur le plan ludique, Lia : Hacking Destiny est avant tout un roguelite d’action rapide, vu de côté, qui mélange plateformes, tir et combat rapproché. Chaque partie correspond à une incursion dans un complexe de sécurité : on progresse de salle en salle, on affronte des vagues de robots, on désactive des pièges, on récupère des armes et des bonus, et la moindre erreur peut signifier un retour à la base. Les contrôles sont centrés sur la mobilité : Lia peut sauter, esquiver les attaques, glisser le long des murs et enchaîner rapidement déplacements et offensives. Cette importance donnée aux mouvements fait que le jeu repose autant sur la lecture de l’espace que sur le choix de l’armement. On passe son temps à sortir des lignes de tir, à profiter des murs pour se repositionner, à bondir d’une plateforme à l’autre tout en tirant, ce qui donne un rythme très soutenu à chaque run.

[Test] Lia : Hacking Destiny

L’arsenal mis à disposition est volontairement exagéré pour un personnage seul : fusils de précision, armes lourdes, armes blanches comme le katana, bazooka, armes automatiques, et divers gadgets. Le jeu encourage à créer de véritables builds, c’est-à-dire des configurations cohérentes autour d’un style de combat : combinaison d’une arme longue portée et d’une arme de mêlée pour une approche plus chirurgicale, set d’armes explosives qui couvrent de larges zones au prix d’un certain risque, ou encore orientation vers la mobilité et les dégâts critiques. Cette liberté est renforcée par la présence de nombreux bonus et améliorations temporaires : augmentation des dégâts, projectiles additionnels, effets élémentaires, montée en puissance de la défense ou de la vitesse, etc. Au fil d’une incursion, Lia peut ainsi passer d’un profil fragile mais agile à une sorte de rouleau compresseur ultra-boosté, ce qui donne une véritable sensation de progression au sein même d’une partie.

La particularité de Lia : Hacking Destiny est d’intégrer la thématique du hacking directement dans sa structure de jeu. Les installations que l’on infiltre sont régies par des niveaux d’alerte et des systèmes de sécurité que Lia peut manipuler. Modifier ces paramètres permet d’ouvrir des salles cachées, de débloquer des chemins alternatifs et d’accéder à des récompenses plus intéressantes, mais au prix d’une défense ennemie plus agressive et de pièges plus présents. Ce système transforme la gestion de la difficulté en un choix conscient : rester prudent pour limiter les risques, ou volontairement déclencher plus d’ennemis et de dangers pour espérer obtenir meilleur équipement et plus de ressources. Le hacking ne se limite donc pas à un simple élément narratif, il devient un curseur de risque/récompense qui structure les runs.

[Test] Lia : Hacking Destiny

Comme tout bon roguelite, le jeu repose sur des cartes générées de manière procédurale. Les complexes changent à chaque incursion, avec de nouvelles combinaisons de salles, de pièges, de types d’ennemis et de petites surprises. On ne mémorise pas un tracé unique, on apprend plutôt à gérer des situations : couloirs étroits remplis de tourelles, grandes salles verticales où la mobilité est cruciale, arènes plus larges destinées à accueillir mini-boss et vagues plus massives. Cette génération procédurale concerne aussi les salles spéciales comme les boutiques internes ou les zones de récompenses à haut risque. L’effet est très clair : même si la boucle de jeu reste identique, la part de fraîcheur à chaque partie empêche rapidement la routine de s’installer.

Entre deux incursions, Lia retourne à une base qui fait office de hub central. On y retrouve les PNJ, les boutiques et les interfaces d’améliorations permanentes. C’est là que l’on dépense les ressources cumulées au cours des runs pour débloquer de nouvelles armes, agrandir le pool de bonus possibles ou améliorer des paramètres de départ comme les points de vie, la puissance des attaques ou certains aspects défensifs. Ce choix de méta-progression est cohérent avec la philosophie du jeu : l’échec ponctuel lors d’une incursion ne se traduit pas par une perte totale, mais alimente au contraire un sentiment d’avancée globale. Même si l’on enchaîne plusieurs défaites, on ressent progressivement le fait que Lia devient plus solide, que les choix initiaux s’élargissent et que les runs gagnent en potentiel.

[Test] Lia : Hacking Destiny

La difficulté de Lia : Hacking Destiny s’inscrit pleinement dans cette logique. Chaque incursion est présentée comme une véritable course contre la mort : les ennemis frappent fort, les projectiles remplissent l’écran et les pièges exigent une attention constante. Pour progresser, il faut assimiler les patterns d’attaque, maîtriser les déplacements et apprendre à tirer parti de la verticalité des niveaux. Le jeu n’essaie pas de masquer sa nature exigeante, mais il compense par la montée en puissance liée aux builds et par les améliorations permanentes accessibles au hub. Le résultat est un équilibre intéressant entre challenge et gratification : on se sent réellement responsable de la réussite d’un run, tout en ayant l’impression que l’expérience globale devient plus riche à mesure que l’on débloque du contenu.

Le level design profite pleinement de cet ensemble. Les complexes sont découpés en salles qui peuvent chacune constituer une petite énigme de survie : comment traverser une pièce bardée de lasers en maximisant la collecte de bonus, dans quel ordre éliminer des ennemis pour ne pas se retrouver coincé entre deux lignes de tir, comment exploiter les plateformes pour isoler les cibles les plus dangereuses. Les boss, qui viennent ponctuer certaines séquences, sont conçus comme des tests de maîtrise. Leur mise en scène s’inscrit dans l’univers absurde du jeu, mais leur gameplay reste lisible et structuré autour de phases clairement identifiables : attaques à large zone, invocations d’ennemis supplémentaires, moments précis où l’on peut infliger des dégâts massifs. L’ensemble donne des combats qui demandent autant d’observation que de réflexes.

[Test] Lia : Hacking Destiny

Visuellement, le jeu repose sur un pixel art moderne très coloré, soutenu par des effets de lumière et de particules. Les environnements post-apocalyptiques mêlent friches industrielles, écrans géants saturés de publicités, néons et ruines urbaines, ce qui inscrit clairement le titre dans une esthétique cyberpunk, mais avec un ton plus léger que la moyenne du genre. Lia se détache bien du décor grâce à un design simple et immédiatement reconnaissable, tandis que les robots ennemis adoptent des silhouettes variées qui facilitent la lecture de leurs rôles. Les chats, omniprésents dans le concept du jeu, servent régulièrement de point d’accroche visuel, que ce soit dans les environnements, les interfaces ou les objectifs annexes.

La direction artistique ne se limite pas aux sprites : l’interface est claire, lisible et orientée action, avec des icônes explicites pour les armes, les bonus et les indicateurs de statut. Le jeu étant disponible sur de nombreux supports, cette lisibilité est essentielle, en particulier sur Switch en mode portable ou sur mobile. Côté audio, la bande-son accompagne le tempo rapide des combats avec des morceaux dynamiques, tandis que les effets sonores donnent de la présence aux armes et aux impacts. Les versions mobiles continuent d’être mises à jour, avec l’ajout d’effets et des correctifs, ce qui témoigne d’un suivi post-lancement.

[Test] Lia : Hacking Destiny

Au final, Lia : Hacking Destiny s’impose comme un roguelite d’action 2D solide, très centré sur la sensation de jeu et sur la liberté de construction de builds. Son univers, mélange de dystopie robotique, de satire du monde numérique et de défense des chats exploités par les algorithmes, lui donne une identité immédiatement reconnaissable. Sa structure repose sur des incursions nerveuses, des cartes procédurales, un système de hacking qui met la gestion du risque au cœur des décisions et une méta-progression gérée depuis un hub bien pensé. Les joueurs qui apprécient les jeux à forte rejouabilité, basés sur l’apprentissage par l’échec, la maîtrise du mouvement et la construction de personnages de plus en plus puissants, y trouveront une expérience cohérente, rythmée et disponible sur pratiquement toutes les plateformes actuelles. À l’inverse, ceux qui cherchent une aventure plus linéaire, sans retour systématique à la case départ, devront garder en tête que Lia : Hacking Destiny assume entièrement les mécaniques fondamentales du roguelite moderne, avec ce que cela implique de répétition des runs et de challenge soutenu.

 



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