Le jeu vidéo, un ennemi qui nous veut du bien

18 Octobre 2012 Publié dans #Divers

Un article un peu particulier car il est basé sur une impression que j'ai eu lors d'une partie de Picross récemment. Quel rapport avec le mot "ennemi" me direz-vous et c'est bien là le problème, en jouant à Picross et en tentant de résoudre une énigme posée par le jeu j'ai eu l'impression de devoir trouver la solution posée par un ennemi. J'achète un jeu pour jouer et donc m'amuser en résolvant des énigmes et je me retrouve à ressentir la pression dont me gratifierai un adversaire alors que je suis dans un simple jeu de réflexion dans la lignée des Sudoku, étrange n'est ce pas ?

 

Dr-Fetus.jpg

J'en suis venu à me demander si nous ne sommes pas formatés pour prendre le jeu vidéo pour un ennemi car son but est de nous poser des colles, du moins c'est ce qu'on veut nous faire croire. Les développeurs créent des jeux que l'on peut résoudre mais qui doivent nous tenir en haleine, ils nous proposent donc d'affronter un ennemi plus faible que nous pour que la victoire soit accessible. Il n'est donc pas très logique d'être formaté pour prendre le jeu vidéo comme un adversaire alors qu'il est créé pour finir par nous laisser gagner à force d'acharnement.

 

Pourquoi ai-je ressenti que le jeu voulait me résister comme s'il était pourvu d'une volonté propre alors que je cherchait simplement à savoir si je devais colorier une case ou la cocher ? Peut être parce qu'affronter Bowser, le Dr Robotnik ou les délicieuses demoiselles de Dead or Alive m'a rendu sceptique, incapable de faire confiance à un jeu pour m'amuser sans enjeu. Et pourtant je suis accroc à cette confrontation bien qu'elle semble se dissimuler derrière de mignons petits minois, serais je devenu raide dingue de cette opposition de la machine et du joueur ?

 

Bowser-Eggman.jpg

Quand on voit qu'une machine peut battre le meilleur des joueurs humains dans un jeu comme les échecs, c'est à se demander si cela vaut vraiment la peine de jouer alors que nous savons pertinament que les développeurs d'un jeu ont bridé exprès les capacités d'une IA pour permettre au joueur de la ratatiner, d'y prendre du plaisir, d'être sadique ? Le jeu vidéo nous permet de nous évader de la réalité, d'autant plus qu'aucun obstacle n'est jamais insurmontable dans les jeux vidéo alors que dans la réalité, les choses sont tout autres.

 

Je crois qu'il vaut simplement mieux prendre les choses comme elles viennent et si un ennemi nous résiste dans un jeu vidéo, qu'il nous plaît de l'affronter encore et encore il faut le faire mais si cela a tendance à nous dégouter du jeu, autant arrêter de suite. Malheureusement pour vendre un jeu il faut que le joueur en soit satisfait, d'où la création des différents modes de difficulté qui n'existaient pas dans l'ère des tout premiers jeux vidéo. Un joueur aura-t-il plus tendance à acheter un bon jeu opposant assez de résistance mais pas trop ou un excellent jeu impossible à finir ? Est-ce qu'un jeu impossible à finir peut être un excellent jeu ?

 

Sephiroth-Sackboy.jpg

Je pense que j'en aurais vite marre d'un jeu trop difficile comme ce fût le cas avec Dark Souls mais des joueurs l'ont adoré, je n'étais peut-être pas de taille alors qu'un Mario aura tendance à en rebuter plus d'un sans forcément être difficile. Je crois qu'au final chacun apprécie (ou pas) différemment chaque jeu auquel il joue. Réflexion faite est ce la difficulté d'un jeu qui influe sur le public de ce dernier ou le public qui fini par faire se décider les développeurs sur la difficulté d'un jeu ? En tout cas j'aime me battre contre cet IA programmée pour m'affronter, je suis peut-être sadique mais au moins je m'amuse.

 

 



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rémy 18/10/2012 11:31

Un excellent, très excellent article ! Et facile à lire ;)
Je ne suis pas ton ennemi alors je vais être d'accord avec toi ; à moins que ce soit parce que je suis d'accord avec toi que je ne suis pas ton ennemi. Ce que tu dis est vraiment intéressant ; les
jeux vidéo nous veulent-ils du mal ? J'avoue que je n'avais jamais pensé les choses sous cet angle. Je partage totalement ton ressenti mais je n'aurai pas forcément utilisé le même mot, je n'aurai
pas parlé d'ennemi tapi dans les jeux vidéo pour nous mettre à l'épreuve, j'aurai plutôt parlé de challenger. Pour passer un bon moment avec un jeu il faut que le jeu nous propose un bon challenge,
un challenge à la hauteur de nos ambitions et de nos capacités et comme tu le dis c'est très variable d'un joueur à l'autre. Moi qui ne suis pas un bon gamer j'ai aussi été rapidement dégouté par
Dark Soul, je n'arrivais pas à finir le premier niveau, c'est tout juste si j'arrivais à sortir du tutoriel vivant. Il faut dire que je suis plutôt le genre de joueur qui joue pour l'expérience
plus que pour le challenge d'ailleurs souvent je fais les jeux en mode facile - et si parfois j'ai aimé le jeu je le refais en mode normal - mais j'avoue qu'il m'est arrivé quelque fois de mettre
le mode difficile en court de route parce qu'effectivement à n'avoir aucune opposition dans un jeu c'est vite lassant et ça grippe un peu la trame narrative parfois.

En fait il n'y a que dans les jeux de sport que j'aime avoir une grosse difficulté, ça ne me dérange pas de finir dernier de la première saison et progresser ensuite et puis c'est parfois dans les
modes de difficulté max que les jeux de sports offrent le plus beau challenge. Je pense à Top Spin 4 par exemple qui prend un autre visage quand on l'attaque en difficulté max ou à NBA2K qui permet
un challenge haut de gamme et donc un plaisir immense en difficulté max.

Nos jeux ne sont donc pas forcément des ennemis mais ils doivent être des challengers à la hauteur de nos attentes

Bad Tachyon 18/10/2012 11:20

Une réflexion intéressante qui mériterait peut-être d'être étendue au multijoueur, puisqu'on se retrouve là avec un cadre et des règles qui régissent un affrontement entre humains. Je sais bien que
ce n'est pas le propos de ton article cela dit !